Shakespeare : Du plaisir, rien de plusTest JDS

Shakespeare : Du plaisir, rien de plus

Les artistes de Londres sont en ébullition. La reine Élisabeth 1re assiste aux répétitions de différentes pièces de théâtre et accordera son soutien à la troupe qui saura monter le spectacle le plus prestigieux. Seul problème, les auteurs ne disposent que de six jours pour mettre leur chef d’œuvre sur pied. Qui sera assez talentueux pour relever ce défi haut la main ?

Cet article ne fait que décrire succinctement les règles de Shakespeare. Afin de découvrir tous les aspects du jeu et d’apprécier la richesse de ses mécaniques, nous vous conseillons vivement de visionner la partie filmée en bas de page en complément de votre lecture.

Dans Shakespeare, l’objectif des joueurs est simple : créer la pièce de théâtre la plus grandiose en six tours (ou journées). Pour ce faire, ils devront recruter des acteurs, confectionner des costumes, construire des décors et répéter encore et encore pour engranger des points de prestige. À la fin du sixième tour, le joueur qui en a marqué le plus est déclaré vainqueur.

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Progresser sur les trois actes (pistes rouge, jaune et bleue) permet de gagner des pièces et de précieux points de prestige.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, décrivons sommairement l’aire de jeu. Celle-ci est partagée entre le plateau central et les plateaux individuels, qui matérialisent grosso modo la scène et la troupe des joueurs. Chaque journée se compose de quatre à six phases en fonction de l’avancée dans la partie. Durant la première phase, les participants misent un certain nombre de cylindres (au moins un), qui déterminera la quantité de points d’activation dont ils disposeront pour ce tour. La personne qui a misé le moins de pions commence, celle qui en a pariés le plus jouera en dernier. Une fois l’ordre des joueurs établi, on passe à la deuxième phase, dite d’activation et de recrutement. Au cours de celle-ci, chaque protagoniste devra choisir entre activer un personnage de sa troupe en utilisant un cylindre ou recruter un nouvel acteur ou artisan (costumière, décorateur, etc.) présent à côté du plateau central, en sachant que cela n’est faisable qu’une seule fois par journée. Activer un membre de la troupe signifie utiliser son pouvoir d’activation, qui varie selon le personnage et son rôle. Ainsi, le décorateur, chargé de monter le décor le plus majestueux possible, permet de piocher des éléments sur le plateau central et de les placer sur le plateau individuel en suivant des règles bien précises. En général, activer un acteur sert à progresser sur les pistes d’actes (Acte I, II et III) représentées sur le plateau central, ce qui, à terme, octroie des points de prestige ou des pièces d’or. La costumière, quant à elle, permet d’habiller vos acteurs de la tête aux pieds, afin d’alourdir votre bourse ou de récolter du prestige.

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C’est au centre de votre plateau individuel que vous placerez les éléments de décor.

Une fois tous les cylindres utilisés (ou lorsque les joueurs décident de passer), la troisième phase s’enclenche. Celle-ci concerne l’ambiance qui règne au sein de la troupe des auteurs. En effet, au cours de la phase deux, certaines actions ou effets entraînent des chutes ou des gains d’ambiance. Plus elle est élevée, plus vous aurez de bonus (points de prestige, etc.). À l’inverse, lorsqu’elle baisse, vous serez pénalisé. La phase suivante n’est jouée que lors de la quatrième et de la dernière journée, il s’agit de la répétition en costume. Tous les acteurs entièrement parés activent leur pouvoir de costume (une fois encore, cela permet de progresser sur une ou plusieurs pistes d’actes) ; cela fait, tous les joueurs regardent où leur jeton de couleur se trouve sur les trois pistes et appliquent l’effet correspondant (pièces, gain ou perte de prestige, vous commencez à connaître la rengaine). Puis vient la phase de maintenance, au cours de laquelle la zone de jeu est entièrement rechargée : les cartes, les décors et les costumes restants sont défaussés et on en place de nouveaux. Enfin, une journée se termine par la phase de repos. Les joueurs comptent le nombre de personnages qu’ils ont activés ce tour et place un jeton « repos » sur chacun d’entre eux sauf un ; ces derniers ne pourront pas être activés au tour suivant. Une fois la sixième journée achevée, on comptabilise l’ensemble des points de prestige des auteurs et celui qui en a remportés le plus gagne la partie et aura l’immense honneur de se produire sur les plus grandes scènes londoniennes.

Vous l’aurez compris, les règles de Shakespeare sont assez denses (cet article ne fait que les survoler) et il y a fort à parier que certaines zones de flou subsisteront au début de votre première partie, certains passages du livret étant parfois peu clairs. Fort heureusement, tout cela disparaît assez rapidement pour laisser place à du pur plaisir ludique, tant les mécaniques mises en place par RV Rigal sont parfaitement huilées. Comme vous avez pu le constater à la lecture de ce test, il y a énormément de moyens de gagner des points de prestige (acteurs, costumes, décors, actes, objectifs, etc.) et presque autant de conditions de victoire, ce qui garantit une grande rejouabilité et implique de faire des choix. En effet, le jeu est conçu de telle sorte qu’il est impossible de tout couvrir et incite le joueur à choisir sa propre ligne de conduite. En cela, il peut être utile d’activer la reine (un personnage présent dès le départ sur votre plateau individuel) très tôt dans la partie pour piocher un objectif. À titre d’exemple, la souveraine pourra vous demander de former la troupe la plus hétéroclite possible (acteur, artisan, assistant, orfèvre, etc.) et vous récompensera avec des points de prestige si vous répondez à ses exigences. Au final, cela permet d’orienter sa stratégie dès le premier tour et de l’optimiser tout le long de la partie.

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Chaque personnage a un coût (en haut à droite), dont il faudra s’acquitter en fin de partie sous peine de perdre des points de prestige.

Néanmoins, il convient de garder un œil sur les choix de ses adversaires afin de leur mettre des bâtons dans les roues lorsque cela est possible. Votre principal concurrent se spécialise dans les costumes ? Essayez de miser moins de cylindres que lui pour jouer en premier et lui couper l’herbe sous le pied. Ceci n’est qu’un exemple des multiples interactions possibles offertes par le jeu, qui le rendent particulièrement dynamique une fois que tous les joueurs maîtrisent ses mécaniques. Déjà très complet, Shakespeare se paie même le luxe de proposer un mode solo très intéressant, qui permet de s’entraîner et de tester de nouvelles stratégies. De quoi enchanter les joueurs de tous horizons…

Pour plus de précisions sur les règles et les mécaniques du jeu et par la même occasion découvrir le mode solo du jeu, n’hésitez pas à visionner la vidéo ci-dessous :

L'avis d'extralife
  1. Auteur : RV Rigal
  2. Illustrations : A. Demaegd, Nériac
  3. Éditeur : Ystari Games
  4. Genre : Choix / Stratégie
  5. Date de sortie : 2015
  6. Nombre de joueurs :  1 à 4 joueurs
  7. Âge recommandé : À partir de 13 ans
  8. Durée de la partie : 20 - 90 minutes (en fonction du nombre de joueurs)
  • shakespeare_boiteMalgré une mise en place un peu longuette et des règles « relativement » (j'insiste sur les guillemets) denses pour les non-initiés, Shakespeare délivre un plaisir de jeu indéniable. Grâce à un système de jeu complet, à des mécaniques particulièrement efficaces et à une très bonne rejouabilité, le jeu de RV Rigal accroche le joueur pour ne plus le lâcher. On enchaîne ainsi les parties sans jamais s'ennuyer, seul ou jusqu'à quatre, afin de tester différentes stratégies et d'essayer de battre son record. Une bien belle réussite !
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