Isle of Skye : Royaume en kilt, bâti tuile par tuileTest JDS

Isle of Skye : Royaume en kilt, bâti tuile par tuile

Si vous pensez que la pose de tuiles se résume à Carcassonne, c’est que vous n’avez jamais entendu parler de Galaxy Trucker ou de Cacao, deux exemples parmi d’autres qui montrent qu’il y a tant à faire dans le domaine. Isle of Skye est une nouvelle preuve que le genre a encore de beaux jours devant lui, surtout lorsque les auteurs explorent de nouvelles pistes pour dépasser le cadre du simple « je pioche une tuile, je pose une tuile ».

Sortez votre kilt, vous voilà propulsés à la tête d’un clan écossais, avec pour mission de faire grandir votre territoire et de le rendre le plus prospère possible, jusqu’à devenir roi de l’Île de Skye. Mais vous n’êtes pas seul sur le coup, puisque d’autres clans partagent la même ambition et feront tout pour s’imposer. Jusqu’à cinq joueurs peuvent ainsi s’affronter dans Isle of Skye, un jeu conçu par Alexander Pfister et Andreas Pelikan. Si ces noms vous semblent familiers, c’est que vous connaissez probablement Broom Service, qui avait permis au duo de remporter le prestigieux prix Spiel des Jahres en 2015 dans la catégorie jeux pour connaisseurs. Les deux auteurs sont d’ailleurs encore en lice cette année avec… Isle of Skye, justement.

Les joueurs ont chacun leur royaume séparé des autres.

Les joueurs ont chacun leur royaume, séparé des autres.

Contrairement à bien des jeux de poses de tuile, chaque joueur de Isle of Skye s’occupe de son territoire personnel bâti autour de sa tuile initiale représentant un château à sa couleur. De plus, ici, les joueurs ne piochent pas les tuiles qu’ils poseront directement dans leur royaume. À la place, ils piochent tous trois tuiles qu’ils placeront devant leur petit écran de jeu. Secrètement, ils devront ensuite choisir quelle tuile détruire parmi les trois, puis assigner un prix aux deux autres. Lorsque tous les joueurs seront prêts, ils lèveront leurs écrans et dévoileront aux autres ce qu’ils viennent de préparer. Les tuiles détruites sont immédiatement remises dans la pioche, les deux autres sont laissées sur la table, à côté du prix qui vient de leur être attribué. À tour de rôle, chaque joueur pourra alors acheter une tuile, et une seule, à l’un de ses adversaires. Le vendeur empochera donc les pièces tendues par l’acheteur et pourra aussi récupérer celles qu’il avait placées pour indiquer le prix. Toutefois, si une tuile ne trouve pas preneur, le vendeur garde la tuile, mais perd les pièces associées.

Cette phase d’achat est indéniablement au cœur du gameplay de Isle of Skye. C’est elle qui donne tout son sel au jeu, puisqu’on se retrouve toujours à devoir évaluer le juste prix pour nos propres tuiles. Fixer des prix trop élevés signifie que personne ne nous achètera rien et que l’on aura aussi perdu l’argent utilisé pour définir ces prix. À l’inverse, brader ses tuiles encouragera forcément les adversaires à les acheter, mais on ne pourra alors pas utiliser les tuiles que l’on aurait peut-être voulu garder pour soi… Et au milieu de toutes ces considérations, il ne faut pas non plus oublier de mettre un peu d’argent de côté pour pouvoir acheter une tuile à un adversaire. Au final, cette mécanique est toute simple, mais elle fonctionne parfaitement car elle ouvre aussi la porte à un jeu de l’esprit, où chacun tente de deviner ce que ses adversaires peuvent bien préparer derrière leur écran de jeu.

Pâturages, montagnes et eau doivent être connectées lors du placement. Pas les routes qui peuvent s'arrêter abruptement.

Pâturages, montagnes et eau doivent être connectées lors du placement. À l’inverse, les routes peuvent s’arrêter abruptement.

Tout cela est donc très bien, mais vous vous demandez probablement comment savoir quelles tuiles garder et quelles tuiles acheter ? En voilà une excellente question. Pour y répondre, il faut préciser qu’en début de partie, quatre tuiles de score sont piochées aléatoirement, puis placées sur le plateau de jeu. Ces tuiles indiqueront les conditions à respecter pour marquer des points et à quel moment ces points seront accordés. Avec seize tuiles de score uniques que l’on peut placer dans n’importe quel ordre sur les quatre emplacements prévus à cet effet, Isle of Skye s’assure une excellente rejouabilité. Chaque partie sera différente et obligera les joueurs à repenser leurs stratégies à chaque nouveau jeu. Pour ne citer que quelques tuiles, sachez que l’une d’elles permet d’obtenir des points en fonction des routes connectées à notre château, une autre donne des points à celui qui possède le plus de bateaux, encore une autre accorde des points en fonction du bétail présent à côté des fermes, ou en fonction de la taille de la plus grande zone d’eau, ou même des zones montagneuses terminées, et ainsi de suite. Non seulement les tuiles sont différentes, mais leurs emplacements sur le plateau influent sur le score. Une partie complète se déroule en six tours, et chaque tour indique clairement quelle(s) tuile(s) de score regarder. Pendant le premier tour, on ne tiendra compte que de la première tuile ; au second tour que de la seconde ; au troisième tour, on regarde la première et la troisième, etc. En tout, chaque tuile reviendra trois fois durant une partie complète, ce qui, là aussi, peut générer des stratégies particulières pour planifier les tours suivants, par exemple.

Les 16 tuiles de score garantissent des parties toujours différentes.

Les 16 tuiles de score garantissent des parties toujours différentes.

Pour être complet, il faudrait également parler des règles de placement de tuiles ou des revenus générés en début de tour, mais là n’est pas le principal. L’important à retenir est qu’Isle of Skye livre une expérience de jeu très différente de celle d’un Carcassonne, en intégrant à la fois un système de vente de tuiles et des règles de score différentes d’une partie sur l’autre. L’ensemble est effectivement plus riche qu’un simple jeu où il suffit de piocher puis de placer une tuile, mais il ne tombe pas non plus dans un niveau de complexité trop élevé. En effet, Isle of Skye donne matière à réfléchir pour optimiser son jeu, mais le fait en toute simplicité au fil de parties avoisinant les 45 minutes.

isle_of_skye_0008

L'avis d'extralife
  1. Auteurs : Alexander Pfister et Andreas Pelikan
  2. Illustrateur : Klemens Franz
  3. Éditeur : Funforge
  4. Genre : Pose de tuiles
  5. Nombre de joueurs : 2 à 5 joueurs
  6. Âge recommandé : 8 ans
  7. Durée de la partie : 45 mn
  • isle_of_skye_boiteDe loin, Isle of Skye a tout d'une refonte écossaise de Carcassonne. Il n'en est pourtant rien. Si les influences sont indéniables, le fait de devoir vendre et acheter les tuiles à poser change radicalement l'approche, en donnant une petite saveur économique à la construction de son royaume. L'implémentation de tuiles de score est également une brillante idée, qui relance l'intérêt de chaque partie en forçant les joueurs à adapter leurs stratégies aux conditions de victoires, toujours différentes.
4

La découverte de BurgerTime aux débuts des années 80 aura clairement affecté la vie de ce grand bonhomme. Non seulement, Jihem a développé une passion pour les jeux vidéo, mais il a également choisi de s'installer au pays du hamburger. Sa mère est plutôt heureuse qu'il n'ait pas découvert les jeux avec Boogerman.

Soutenez ExtraLife

A voir aussi

Réponse