Raptor : « Petite futée… »Test JDS

Raptor : « Petite futée… »

Pour qui s’intéresse un tant soit peu aux jeux de société, les noms de Bruno Cathala (Five Tribes) et de Bruno Faidutti (Citadelles) ne sont clairement pas inconnus. Auteurs prolifiques depuis plus de dix ans, ce sont de véritables figures de proue de la scène ludique francophone. Cette année, ils décident de mettre leur science du jeu en commun pour nous présenter Raptor, qui met en scène des scientifiques face à, vous l’aurez deviné, de terribles raptors.

Selon certains rapports, un groupe de raptors vivrait sur une île au large du Pacifique. Une équipe de scientifiques décide alors d’y accoster afin de ramener une preuve vivante de l’existence des dinosaures. Mais bien entendu, tout ne se passe pas comme prévu… Raptor est un jeu asymétrique dans lequel un joueur contrôle les humains tandis que l’autre incarne les raptors. Chacun des deux camps dispose d’objectifs bien distincts : les scientifiques tenteront de neutraliser la femelle en lui tirant cinq fois dessus ou d’endormir et de capturer trois de ses petits. De l’autre côté, la mère tâchera de mettre à l’abri sa progéniture ou d’éradiquer toute présence hostile du plateau.

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Le symbole à côté du chiffre représente l’effet de la carte. La carte 9 étant la plus forte, elle n’a logiquement pas d’effet.

Pour ce faire, les joueurs disposent chacun d’un paquet contenant neuf cartes numérotées. Celles-ci leur permettront d’effectuer un certain nombre d’actions ou d’activer des effets bien particuliers. Au premier tour, les participants se constituent une main de trois cartes, en choisissent une et la retournent face visible simultanément. La personne ayant posé la carte dont le chiffre est le plus faible pourra activer son effet, tandis que celle qui a joué la carte la plus forte disposera d’un nombre de points d’actions égal à la différence de valeur entre les deux cartes (si les cartes jouées sont de même valeur, elles s’annulent). Par exemple, le raptor joue un 4 et le scientifique un 8. Le premier active l’effet de sa carte et ramène deux de ses petits à proximité de la mère ; son adversaire a quatre actions, qu’il peut utiliser à sa guise. Celles-ci varient en fonction du rôle choisi mais permettent entre autres de se déplacer, de tirer, d’endormir ou de capturer des bébés raptors, de dévorer des humains, etc. Les joueurs piochent ensuite une nouvelle carte et passent au tour suivant. Le jeu se poursuit de cette manière jusqu’à ce qu’un camp remporte la victoire.

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Les tuiles sont posées aléatoirement en début de partie pour former le plateau.

Toute l’essence de Raptor réside dans le choix cornélien à effectuer entre activer l’effet d’une carte (jouer une carte faible) ou engranger des points d’action (jouer une carte forte), en sachant pertinemment qu’on ne peut jamais être sûr de réussir son coup. Cette incertitude pimente agréablement les parties et incite les joueurs à prévoir la tactique de leur adversaire en se basant sur les cartes déjà jouées et le placement des pions. La mécanique asymétrique fonctionne à merveille et offre une expérience de jeu bien distincte : si les raptors ont tout intérêt à courir vers la victoire, les scientifiques, au contraire, doivent temporiser au maximum et s’appuyer sur leur surnombre pour submerger les dinosaures et les acculer. Attention tout de même, car les effets des cartes raptor sont extrêmement puissants, à l’image de la Disparition, qui permet à la femelle de quitter le plateau, de réapparaître sur n’importe case libre et, cerise sur le gâteau, de connaître la carte adverse qui sera jouée au tour suivant ! Une carte à utiliser de préférence avec celle citée en exemple dans le paragraphe précédent pour faire rager le joueur scientifique…

Ceci nous amène tout naturellement à la question de l’équilibre entre les deux camps, essentiel dans un jeu asymétrique. Si effectivement les scientifiques pesteront contre la surpuissance des cartes raptors, ils ne tarderont pas à découvrir qu’ils disposent dans leur arsenal des armes nécessaires pour les contrer. La victoire finale appartiendra donc à celui qui saura jouer les bonnes cartes au bon moment, qui exploitera le plateau de jeu à bon escient et qui profitera de la moindre petite erreur adverse, très courante dans un jeu où les objectifs sont multiples.

L'avis d'extralife
  1. Auteurs : Bruno Cathala / Bruno Faidutti
  2. Illustrateur : Vincent Dutrait
  3. Éditeur : Matagot
  4. Genre : Stratégie/Tactique
  5. Date de sortie : 2015
  6. Nombre de joueurs : 2
  7. Âge recommandé : À partir de 9 ans
  8. Durée de la partie : environ 30 minutes
  • Raptor_boiteAu fil des parties, Raptor gagne en profondeur et nous révèle toute sa saveur. En s'appuyant sur des mécaniques simples mais solides et bien pensées, Bruno Cathala et Bruno Faidutti sont parvenus à créer un jeu d'une efficacité redoutable, notamment grâce à la dualité effets/actions des cartes. Le système asymétrique fait mouche et garantit une excellente rejouabilité. Un titre que nous conseillons vivement à tous les amateurs d'affrontements stratégiques et tactiques.
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3 commentaires

  1. Valryd
    12 décembre 2015 à 10 h 39 min Répondre

    Ah cette petite référence à Jurassic Park qui va bien :)

    j’ai jamais été un grand amateur de jeu de plateau, mais celui-ci me tente bien!

  2. Musimon
    12 décembre 2015 à 18 h 53 min Répondre

    Mystérium et Raptor sont mes deux derniers achats en jeu de plateau…..

    Amis joueurs, le JV c’est fantastique, je suis accro, mais n’ignorez pas les centaines de très bons jeux de plateau. Raptor est un petit bijoux, un rare jeu pour des duels!

  3. Golem
    15 janvier 2016 à 13 h 20 min Répondre

    Une mécanique intéressante proposant des dilemmes basés sur l’incertain, plusieurs conditions de victoire pour chaque camp, et surtout une mise en application des enseignements d’Alan Grant : « Et c’est alors que l’attaque survient. Elle ne vient pas de face, mais par les côtés, des deux autres raptors que tu n’avais pas encore vus. »
    Bref, un jeu qu’il est pas mauvais pour passer vingt minutes.

    Attendez une minute.
    Une seule figurine peut attaquer ?
    Et elle doit défendre ses petits sans défense ?
    C’est un T-Rex, ça.
    Vous dites que la mère peut se camoufler et ruser ?
    Et dévorer n’importe quel humain en moins de deux ?
    Alors c’est probablement un Indominus Rex. Mais pas un raptor.

    Bref, on connaissait le thème plaqué. Ici, on a affaire à du thème décalé. Et c’est bien dommage que ça ternisse un tableau jusque-là reluisant.