World of Final Fantasy : La relève de Kingdom Hearts ? Test JV

World of Final Fantasy : La relève de Kingdom Hearts ?

Difficile de cerner ce que renferme le très inattendu World of Final Fantasy avant d’y avoir joué. À première vue, son titre laisse vaguement augurer d’un MMORPG. Et puis en examinant d’un peu plus près la jaquette, on se persuade qu’il s’agit plutôt d’un spin-off gentillet de la saga Final Fantasy destiné aux enfants. En réalité, ce sont bel et bien les nostalgiques du J-RPG old-school en général que cible le titre de Square Enix au travers d’une aventure hommage aux principaux volets de la franchise Final Fantasy.

Avec leur chara design rappelant immanquablement les personnages de Kingdom Hearts, les héros jumeaux de World of Final Fantasy, évidemment amnésiques, nous mettent d’entrée de jeu sur une fausse piste quant à ce que nous réserve la direction artistique du jeu. Car de l’autre côté du portail des Neuf-Fresnaies, dans les différents mondes de Grymoire, ils ne sont que des étrangers aux allures de titans parmi une communauté d’individus minuscules aux tronches Super Deformed. Ces derniers, les Lilipuces, les perçoivent donc comme des Gigantus, et pour passer inaperçus dans les villages, les deux jumeaux adapteront plus volontiers leur propre forme de Lilipuces en SD.

Ce qui nous intéresse ici en tant que fans de Final Fantasy, car oui le titre ne dévoile véritablement toute sa magie que si l’on connaît bien les épisodes canoniques de la franchise, c’est de savoir que chacune des intrigues développées dans le jeu tourne autour des figures emblématiques de la saga FF, comme Cloud, Celes, Faris ou Rydia, que l’on redécouvre sous un jour nouveau grâce aux contrastes d’atmosphère brutaux entre le fond et la forme.

Autant dire que lorsque le guerrier de la lumière débite son discours enflammé sur la justice avec une voix grave et pleine de dignité, on a bien du mal à le prendre au sérieux alors qu’il n’atteint même pas en taille les chevilles de nos Gigantus et qu’il ne dépareillerait pas dans une collection de figurines Nendoroid. Et il en va de même pour les rares antagonistes cultes présents dans le jeu, à l’instar de l’inimitable Gilgamesh, tourné en ridicule alors qu’il nous était toujours apparu comme un adversaire farouche et imposant.

Mais s’il ne devait sa réussite qu’à sa DA, World of Final Fantasy ne serait qu’une parenthèse anecdotique dans l’histoire de la saga. La bonne surprise vient plutôt du fait que l’efficacité de son système de jeu va bien au-delà de la simple possibilité d’invoquer les héros de la franchise via des insignes leur donnant l’occasion de faire leur show durant une poignée de secondes.

world_of_final_fantasy_012Certes, voir un Sephiroth aux mollets boursouflés tenter d’en imposer dans une parodie du One Winged Angel reste un moment de pure délectation, mais ces invocations 100 % fan-service ne sont que la cerise sur le gâteau du système de combat. En réalité, toute la subtilité de celui-ci tourne autour de la nécessité d’empiler nos personnages avec des monstres pour édifier des pyramides dont il faudra assurer la stabilité le plus longtemps possible. Car les attaques répétées des ennemis peuvent les faire basculer, ce qui entraîne alors la séparation des trois membres qui la composent et réduit drastiquement nos chances de survie. L’idée est donc de combiner trois unités de tailles complémentaires en juchant les plus petites sur les épaules des unités moyennes, puis celles-ci sur celles des plus grandes et tout mettre en œuvre pour ne pas que la pyramide s’ébranle. Et puisque celle-ci hérite à la fois des faiblesses et des capacités du trio ainsi formé, il est primordial de combiner des unités aux talents complémentaires pour en faire des structures polyvalentes capables de soigner, d’attaquer et de lancer un maximum de sorts différents. À l’inverse, on pourra aussi tout à fait envisager de combiner des unités disposant d’un sort de nature identique pour en amplifier les effets, dans le style Brasier, Brasier +, Brasier X cher à la série.

Des routines qui auraient pu tomber complètement à plat si l’utilisation de la palette complète de sorts n’était pas aussi bien incorporée au déroulement des combats via une notion de capture de monstres sans laquelle on ne saurait aller bien loin dans l’aventure.

world_of_final_fantasy_010Bien plus subtil qu’un vulgaire lancer de Pokéball sur un ennemi affaibli, le système de World of Final Fantasy impose de scanner chaque adversaire pour découvrir et exploiter sa vulnérabilité afin de le capturer pour en faire un de nos précieux Myrages. S’il suffira généralement d’infliger une attaque physique ou un sort bien particulier au monstre en question, les conditions requises seront parfois beaucoup plus complexes, à l’image de la princesse flan dont nous vous expliquerons les difficultés de capture dans un Extratime dédié au jeu. Retenez en tout cas que chaque nouvelle recrue se mérite et ouvre l’accès à une nouvelle panoplie de compétences qui se débloquent via un sphérier calqué sur celui du dixième volet de la série. Et afin de limiter le temps requis pour développer les sphériers de ces Myrages qui ont, par ailleurs, la possibilité d’évoluer en des créatures de formes diverses, le jeu fait en sorte d’accroître de manière exponentielle les gains d’XP des unités laissées à la traîne. De cette manière, on peut à tout moment aller chercher un monstre dans sa réserve pour l’utiliser uniquement lorsque le besoin s’en fait sentir sans perdre des heures à le faire leveler. Exploitées également au travers d’énigmes basées sur le poids et les résistances élémentaires de chaque Myrage, cette gestion des monstres est une composante clef du système de jeu et contribue énormément au plaisir de sa découverte.

Structurée suivant un découpage en chapitres relativement brefs, l’aventure s’étale tout de même sur une bonne quarantaine d’heures de jeu si l’on y inclut toutes les quêtes secondaires scénarisées proposées dans le salon de thé. Il serait d’ailleurs sacrilège de passer à côté tant elles renferment d’allusions savoureuses à l’univers de la saga FF et développent le background des figures emblématiques de la franchise. On ne pourra cependant pas passer sous silence les quelques écueils de ce titre, et notamment son rythme beaucoup trop lent qui nous oblige à jouer systématiquement en accéléré via le bouton R1 pour ne pas s’endormir entre chaque tour d’action. On regrettera aussi que les voix japonaises ne soient pas incluses par défaut, puisqu’il faut les télécharger en amont pour profiter d’un doublage de qualité. Enfin, la relative facilité du jeu nous laisse un peu sur notre faim, tout comme le manque d’ambition du scénario, par ailleurs terni par des discussions parfois lourdingues entre les deux jumeaux. On espère malgré tout que les joueurs sauront passer outre ces défauts de jeunesse pour soutenir ce titre qui donnera peut-être naissance à une nouvelle série, car il y a largement matière à réitérer l’expérience au travers d’une suite exploitant d’autres personnages et univers de la licence.

L'avis d'extralife
  1. Développeur : TOSE
  2. Editeur : Square Enix
  3. Genre : J-RPG
  4. Support : PS4, PS Vita
  5. Date de sortie : 28 octobre 2016
  6. Site officiel : http://worldoffinalfantasy.square-enix.com/fr/
  • world_of_final_fantasy_jaquette

    World of Final Fantasy n'est pas simplement truffé de clins d’œil à la saga Final Fantasy, il est littéralement conçu sur des fondations de pur fan-service dans le but d'incorporer tout ce background connu et apprécié des fans dans quelque chose d'entièrement nouveau. Exactement comme avait réussi à le faire avant lui la série Kingdom Hearts avec le brio que l'on sait ! De là à dire que le titre est promis à un aussi brillant avenir, il n'y a qu'un pas !

5

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2 commentaires

  1. Painwinter
    18 novembre 2016 à 12 h 39 min Répondre

    Je n’ai testé que la démo du jeu sur le PSN perso.
    J’ai pas mal accroché au gameplay, je le trouve rafraîchissant et plutôt bien foutu. Tout le jeu m’a bien plus en fait, à une exception près.

    Le jeu est super, le gameplay et les graphismes aussi MAIS la façon dont ils ont mis en scène leur système pyramidal est juste… nul à chier je trouve.

    Encore à la limite quand tu es en petit et que tu es porté par un gros monstre, ça passe encore. Mais quand tu es grand, tu as juste deux persos posés sur ta tête… Parfois les pieds ne touchent même pas les cheveux… On dirait presque une version beta de l’implémentation pour tester le fonctionnement avant de rendre ça beau.
    Le système de pyramide est cool, mais l’apparence de la pyramide est juste… ridicule. :/
    C’est dommage parce que du coup je trouve ça super classe d’être porté dans la main d’un gros monstre par exemple. Mais bon quand tu as deux autres monstres sur la tête ça casse tout et j’ai bloqué un peu là dessus perso. :(

    C’est dommage mais pour moi cette partie n’a pas été assez travaillée et vu que c’est quand même un élément central du jeu, ça me gêne beaucoup.

  2. PoulpiTHEPoulpe
    23 novembre 2016 à 21 h 12 min Répondre

    Le jeu a l’air vachement interessant mais J’aurais une question d’ordre technique : quid de la version PS Vita ? Vous avez pu la tester ?
    En fait j’hésite entre prendre le jeu sur PS4 ou PS Vita mais je voudrais savoir si la version PS Vita souffre de son support ou si les 2 version sont sensiblement les mêmes.
    Merci