Dragon Quest VIII : Le retour d’un roi Test JV

Dragon Quest VIII : Le retour d’un roi

Une bonne décennie après son arrivée en fanfare sur PS2, l’ambassadeur de la franchise Dragon Quest en Europe nous fait l’honneur d’un retour parmi nous. Si, à l’inverse du septième volet sorti précédemment sur 3DS, cet opus n’est pas inédit sous nos latitudes, il a le mérite de mettre tout le monde d’accord : Dragon Quest VIII reste plus que jamais le représentant le plus fédérateur de la saga !

« Un portage de plus sur 3DS », c’est ce que vous avez probablement déjà sur le bout des lèvres en survolant ce test. Et c’est d’ailleurs cette même pensée qui nous traverse immanquablement l’esprit lorsque l’on démarre le jeu avec le souvenir nostalgique de la centaine d’heures passée en 2006 sur la version PS2. L’histoire n’est pas encore véritablement lancée que l’on ironise déjà sur le fait que rien ne pourra nous surprendre et que la conversion du jeu sur une console portable ne rendra pas forcément celui-ci plus ergonomique. On peine d’ailleurs presque à retrouver ses marques durant les premières minutes de jeu face à la relative rigidité du personnage et des caméras qui entravent parfois la lisibilité dans les environnements intérieurs les plus étroits. Et puis on a beau chercher d’autres motifs plus sérieux de bouder cette conversion, on n’en trouve aucun et on réalise que le temps défile devant nous sans que l’on ne parvienne à trouver l’envie de quitter la partie. La magie opère déjà, alors même que l’on n’a encore rien vu des innombrables améliorations qui agrémentent cette version 3DS.

Un vrai fil rouge

Qu’il vous soit familier ou totalement inconnu, vous savez sans doute que Dragon Quest VIII : L’Odyssée du Roi Maudit sur PS2 était parvenu à se démarquer des autres volets de la franchise en s’appuyant sur une avancée technique majeure : la possibilité d’explorer un univers en full 3D, y compris sur la carte du monde. Le résultat était d’ailleurs d’autant plus fascinant que les graphismes étaient agrémentés d’une agréable touche de cel-shading donnant au jeu des allures de conte, marque de fabrique du studio Level-5 alors en charge du développement de cet épisode.

Ce que l’on a en revanche davantage tendance à oublier, mais qui frappe pourtant lorsque l’on passe successivement du septième au huitième opus, c’est la manière dont la narration parvient à ne jamais s’éloigner à l’excès du fil conducteur de l’intrigue. Car c’est bien là que réside la principale force de ce titre : réussir à développer un scénario s’étalant sur une bonne soixantaine d’heures de jeu sans jamais commettre l’impair de nous perdre en chemin, quels que soient les à-côtés qui nous détournent de la trame principale. On ne perd ainsi jamais de vue le fil rouge de Dragon Quest VIII : lever la terrible malédiction qu’un sorcier a jeté sur un roi et sa fille. Si le vieil homme a encore le loisir de pester contre son triste sort dans son pitoyable corps de monstre aux allures de crapaud, la princesse est en revanche incapable de parler, prisonnière de l’apparence d’une simple jument vouée à tracter notre chariot…

Pourquoi y jouer sur 3DS ?

Bien que considéré à juste titre comme l’un des J-RPG les plus marquants de son époque, Dragon Quest VIII n’en restait pas moins perfectible dans sa version originale. Ainsi, l’équipe responsable du portage 3DS a travaillé essentiellement à la mise en lumière des éléments susceptibles d’être modifiés pour apporter une expérience de jeu optimale sur la portable de Nintendo.

En termes de confort de jeu, ce portage s’efforce ainsi de nous épauler du mieux possible afin de rendre la progression plus plaisante sans pour autant verser dans la facilité excessive. On s’aperçoit par exemple que le simple fait d’abolir les rencontres aléatoires pour les remplacer par des combats souhaités par le joueur rend l’exploration nettement plus savoureuse.

Non seulement la fréquence des batailles se trouve amoindrie puisque l’on peut généralement éviter les monstres que l’on ne veut pas combattre, mais cela permet aussi de choisir ses adversaires. Un atout qui s’avère d’autant plus intéressant lorsque l’on part chasser les divers gluants de métal destinés à gonfler notre capital d’XP. Plus besoin de compter seulement sur la chance pour les débusquer : le simple fait de faire pivoter la caméra renouvelle la nature des monstres qui nous entoure et il ne reste plus qu’à courser le « metal slime » de notre choix pour l’affronter dans les règles de l’art.

En dehors des quelques voyages en bateau durant lesquels les rencontres aléatoires sont toujours de mise, on ne perd donc plus de temps en batailles inutiles et plus aucun combat ne revêt de caractère fastidieux.

Un confort de jeu accentué qui passe aussi par la possibilité d’accélérer la vitesse des combats, d’effectuer une sauvegarde rapide à tout moment sans obligation de quitter la partie (enfin !), et de regagner automatiquement ses HP/MP à chaque passage au niveau supérieur.

Désormais instantané, le processus d’alchimie a lui aussi été amélioré pour mettre plus facilement en évidence les combinaisons d’ingrédients autorisées sans le recours aux recettes.

En extérieur, on peut désormais trouver de nouveaux coffres dont les trésors se rechargent avec le temps, l’argent étant, d’une manière générale, un peu plus facile à accumuler dans cette version, même si la revente est toujours fortement déconseillée pour les alchimistes.

En plus d’afficher la carte détaillée des donjons et des villages, l’écran inférieur de la console donne maintenant accès à un menu rapide pour se téléporter, consulter ses compagnons, appeler ses montures et ouvrir l’alchimarmite. Les récompenses liées à la collecte des mini médailles sont quant à elles plus nombreuses et un donjon complètement inédit fait son apparition pour nous confronter à un nouveau boss optionnel. Voilà qui devrait satisfaire les joueurs en quête d’un challenge encore plus relevé que les fameuses épreuves dragoviennes du New Game + original.

Non moins significatif, l’ajout de la fonction appareil photo se révèle être finalement bien plus qu’un simple gadget qu’on oublierait sitôt celui-ci obtenu.

Son intégration dans cette version 3DS est en effet suffisamment pertinente pour relancer l’aventure en nous permettant de porter sur celle-ci un regard neuf. Comprenez par là que le simple fait d’avoir à l’esprit un certain nombre de sujets précis à immortaliser sur la pellicule nous incite à observer tout ce qui nous entoure de manière beaucoup plus fine. On ne se contente plus seulement de voir, on scrute avec obsession tout ce qui pourrait nous permettre de valider l’un des innombrables défis du photographe Rémi Zopoing dans le but d’obtenir des récompenses inédites toujours bienvenues. Il y a là matière à inspirer d’autres RPG tant cette quête, en apparence anodine, pimente notre aventure de manière simple et prenante. Et l’album photos que l’on compose ainsi revêt d’autant plus de sens qu’il met généralement en lumière les points d’intérêts secondaires qui pourraient nous échapper alors qu’ils conduisent parfois aux plus grands secrets du jeu. Les plus accros iront peut-être d’ailleurs jusqu’à ajouter des filtres et des stickers sur leurs photos dans le but de les partager via StreetPass ; mais même sans aller jusque-là, on trouve ici un très bon exemple de ce qu’une quête optionnelle peut offrir de plus avantageux sans contraindre le joueur à des allers-retours superflus puisque les défis s’actualisent directement dans le menu dédié. En prime, certaines de ces épreuves entraînent également l’apparition de monstres spéciaux complètement absurdes, tel le Gluantilly et autres créatures réservées à ce portage 3DS.

Bien qu’il faille avancer loin dans le jeu pour prétendre les recruter, savoir que les deux NPC les plus mémorables de Dragon Quest VIII deviennent enfin jouables sous certaines conditions constitue un dernier atout indéniable pour ce remake.

Ainsi, la voleuse Rubis joue désormais un rôle dans l’exploration de l’Anse du Pirate au point de rejoindre nos rangs une fois le donjon achevé. En plus de débloquer tout un nouvel attirail de techniques liées à l’usage de l’éventail de combat, Rubis a également accès à la maîtrise du fouet et du poignard, avec le brigandage comme spécialité. Morry, lui, rejoint notre équipe une fois le titre de champion de l’arène des monstres obtenu, ce qui est à relier à l’une des quêtes annexes les plus mémorables du jeu. Pour ceux qui seraient passés à côté, il faut souligner que la possibilité d’affronter et d’enrôler des monstres célèbres à travers le monde pour les faire combattre en équipes dans l’arène, et à terme, pour les invoquer à n’importe quel moment de la partie, y compris face aux boss, constitue l’un des atouts majeurs de cet épisode. Par conséquent, le fait de pouvoir recruter Morry constitue finalement l’aboutissement de cette quête de longue haleine, le bonhomme pouvant lui-même appeler en renfort des créatures de toutes sortes grâce à ses talents dédiés qui viennent compléter sa maîtrise des griffes de combat.

Sachant que ces deux personnages nous rejoignent avec un niveau très respectable juste avant les épreuves les plus difficiles de l’aventure, il s’agit incontestablement d’un bonus optionnel dont il serait réellement dommage de se priver. Interchangeables même en plein combat, mais seulement à l’extérieur des donjons, tous les personnages en réserve gagnent de l’expérience quoi qu’il arrive, ce qui garantit de ne laisser personne à la traîne durant la partie. En toute logique, Rubis et Morry disposent eux aussi de la possibilité de booster leur tension pour frapper fort, la tension étant une autre grande particularité des combats de Dragon Quest VIII qui rend les affrontements contre les boss aussi tactiques que riches en rebondissements.

Bien évidemment, le titre dispose aussi des améliorations qui avaient été introduites lors de la localisation de l’opus original en Europe sur PS2. Les textes sont intégralement en français, les objets sont illustrés partiellement dans les menus, et les voix anglaises, bien que versant trop souvent dans les accents caricaturaux et comportant quelques changements, restent efficaces. Par rapport au remake de Dragon Quest VII sur 3DS, les animations en combats permettent véritablement de voir à quoi ressemblent les techniques les plus saugrenues de nos personnages et de profiter pleinement du « monster design » signé Toriyama. Et les informations obtenues en discutant avec les NPC ou en feuilletant des ouvrages dans les bibliothèques sont toutes véritablement utiles. Enfin, des cinématiques bonus sur 3DS viennent enrichir le scénario du soft en dévoilant des éléments inédits de l’intrigue, une fin alternative a été ajoutée (en plus des deux existantes) et une arène de monstres de rang X vient compléter les nouveaux challenges déjà évoqués. Bref, tout concourt à nous captiver de bout en bout, comme au premier jour, si ce n’est davantage encore !

L'avis d'extralife
  1. Développeur : Square Enix
  2. Editeur : Nintendo
  3. Genre : J-RPG
  4. Support : 3DS
  5. Date de sortie : 20 janvier 2017
  6. Site officiel : https://www.nintendo.fr/
  • Enchaîner coup sur coup Dragon Quest VII et VIII met en évidence la grande maestria avec laquelle le huitième épisode parvient plus que nul autre volet de la série à nous happer de bout en bout alors même que l'on croyait que la magie ne prendrait plus. Épique, drôle, poétique, et riche d'éléments inédits concourant indéniablement à rendre l'expérience de jeu encore plus inoubliable, ce remake 3DS démontre que Dragon Quest VIII n'a rien perdu de son efficacité et qu'il reste le chouchou des fans de la franchise, celui que l'on a envie de faire découvrir au monde entier afin d'expliquer notre amour inconditionnel pour cette immense saga.

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3 commentaires

  1. Motteux
    31 janvier 2017 à 18 h 08 min Répondre

    Super test Romendil. Moi qui n’ai jamais eu l’occasion de tester un dragon quest (honte à moi) ça m’a bien donné envie. J’ai vite fait un comparatif, ils ont bien géré rien que graphiquement, au niveaux des couleurs c’est vraiment beau. Un peu anguleux au niveaux des persos mais ça ruine pas le charadesign. Perso j’ai toujours adoré dans les Rpg quand on me donne la possibilité de prendre des photos. Je me souviens de BGE c’était incroyable. j’ai tellement de plaisir à lacher le script parfois pour juste profiter des décors. Je suis d’accord aussi pour les combats qu’on peut choisir de déclencher ou pas, c’est toujours frustrant les combats aléatoires >< .
    Le charadesign de toriyama qui ne vieillira jamais.

  2. DragonAsce
    31 janvier 2017 à 19 h 56 min Répondre

    Bon bah, voila, je me le prend !

    J’ai plus que adoré la version PS2, et celle ci… Mmmh, elle donne tellement envie, petit bémols pour les graphisme mais c’est pas sa qui fait un bon jeux !

    Je prend de plus en plus plaisir a vous lire continuer !

  3. Painwinter
    2 février 2017 à 8 h 46 min Répondre

    Super test, merci beaucoup ! Ça m’a vraiment donné envie de le prendre pour le coup, j’ai jamais fait de Dragon Quest, je me suis dit que ça serait peut être le moment de tester ça ! :)

    Et encore une fois mention spéciale au video-test, je trouve ça tellement agréable de « lire » le test en l’écoutant. D’autant qu’on a les images pour illustrer et la petite musique de fond ! :D