Horizon : Zero Dawn – Red against the Machine Test JV

Horizon : Zero Dawn – Red against the Machine

Depuis plus d’une décennie maintenant, le studio Guerrilla reste intimement lié à sa série Killzone. Mais l’envie de voir ailleurs et d’explorer d’autres univers a conduit les néerlandais à imaginer Horizon : Zero Dawn, une toute nouvelle licence qui a fait forte impression dès sa toute première vidéo d’annonce. Quittant ainsi le monde du FPS, le studio fait donc ses premiers pas dans le jeu en monde ouvert pour nous inviter dans une aventure que nous ne sommes pas près d’oublier.

Il sera une fois, sur notre belle planète Terre, un monde bien différent de notre quotidien actuel. Suite à de sombres événements oubliés depuis longtemps, l’humanité se trouvera réduite à quelques poches de survivants divisées en tribus. Parmi elles, la tribu Nora, installée dans les montagnes enneigées des terres sacrées, survit en chassant les rares bêtes sauvages qui passent par là, ainsi que les puissantes machines qui ont fini par remplacer la faune locale. Motivée par tout un tas de raisons personnelles, Aloy est une jeune Nora poussée à quitter les terres sacrées pour explorer d’autres contrées, et en apprendre plus sur son propre passé et sur les événements ayant bousculé la planète il y a un bon millier d’années.

Désolé de rester si vague sur le synopsis, mais croyez-moi, c’est pour votre bien puisque l’expérience de jeu repose en grande partie sur la découverte de son histoire, de ses environnements, et de tout ce qui participe de près ou de loin à donner chair à l’aventure. Car oui, Horizon : Zero Dawn a beau être un jeu en monde ouvert, il s’agit avant tout d’une grande aventure portée par un formidable sens du voyage à travers des paysages à la beauté renversante. Des montagnes enneigées où vivent les Nora, à des plaines caniculaires et désertiques, en passant par de denses forêts et des marécages moites, la richesse des décors compose un terrain de jeu tout en relief d’une cohérente diversité. C’est bien simple, Horizon se classe parmi les plus beaux, si ce n’est le plus beau monde ouvert jamais foulé à ce jour. Si l’exploration et l’impression de voyager dans Horizon renvoient d’une manière à un certain Red Dead Redemption, le jeu et ses machines donnent aussi l’impression d’évoluer dans une vaste galerie de tableaux signés par l’artiste Roger Dean.

Horizon n’est pas qu’un simple délice visuel, il s’agit également d’une vision intelligente du jeu en monde ouvert. À sa base, on retrouve pas mal de mécaniques et règles devenues des classiques de l’open world. Il y a donc des tours à grimper pour alimenter une immense carte du monde, des collectibles à dénicher, des campements ennemis à nettoyer et ce genre de choses. Mais, et c’est un grand mais, Horizon ne s’inscrit pas dans une logique de démesure. Bien au contraire. Si la diversité est de mise au niveau de missions et des activités secondaires, le jeu trouve toujours la juste mesure pour ne pas obliger Aloy à répéter inlassablement les mêmes types de quêtes. Il n’y a, par exemple, que cinq ou six tours à escalader et à peu près autant de camps de bandits à exterminer éparpillés au milieu d’une carte pourtant gigantesque. Ce parfait dosage donne une immense crédibilité à l’univers et participe pleinement à l’appréciation générale de l’aventure, privilégiant encore une fois la notion de voyage à celle de liste de courses à cocher.

En fait, Horizon propose un monde ouvert pensé et conçu avec minutie pour se mettre au service d’une histoire et pas l’inverse. En d’autres termes, il ne s’agit pas d’un jeu bac à sable à la GTA ou Just Cause, où les missions semblent toujours un peu forcées et placées là parce qu’il fallait mettre quelque chose à cet endroit de la map ou que le type de terrain s’y prêtait. Voyez plutôt Horizon comme une épopée à la The Witcher 3, avec ses quêtes annexes toujours fortement scénarisées et même une légère couche de RPG permettant à Aloy d’obtenir de nouvelles capacités grâce à l’expérience qu’elle cumule. En accordant un peu de temps à la cueillette et à la chasse, l’héroïne peut également crafter de l’équipement (munitions, potions) et troquer ses trouvailles contre de nouvelles armes et armures auprès de divers marchands. Enfin, son équipement peut aussi être modifié en ajoutant des pseudos materias permettant d’améliorer la résistance aux attaques de glace, de feu, etc.

Tout cela reste léger, mais permet toutefois à Horizon d’être suffisamment malléable pour s’adapter à tous les types de joueurs. Aussi bien ceux qui préfèrent foncer dans le tas que ceux qui souhaitent analyser le comportement des ennemis jusqu’à découvrir la meilleure approche pour les terrasser trouveront ainsi leur compte dans le système de combat. Des combats qui sont d’ailleurs très bien pensés, puisque les machines sont de redoutables adversaires que l’on peut s’amuser à pister, à abattre discrètement, à ligoter pour réduire leurs mouvements ou même à pirater pour les convertir à notre cause. Ces bestioles de métal disposent aussi de différentes pièces que l’on peut consciemment viser. Quelques flèches placées, et Aloy peut détruire et détacher des morceaux bien précis de ses adversaires robotiques pour les priver de leurs différentes capacités agressives. Si les combats contre des adversaires humains sont un poil moins convaincants, faute à une IA pas forcément très poussée, ils ne sont pas forcément dénués d’intérêt non plus puisqu’il est là aussi possible de planifier ses approches pour agir ni vu ni connu ou au contraire décocher flèche sur flèche en fonction de l’équipement porté.

Le côté action est donc lui aussi maîtrisé, même si ce n’est pas forcément cet aspect que l’on retiendra du jeu une fois l’aventure terminée. Au risque d’insister péniblement sur cet aspect, Horizon se démarque clairement par le fantastique voyage qu’il fait vivre au joueur. La plongée dans le scénario, l’immersion au milieu des différentes cultures, les rapports politiques que chaque clan entretient avec ses voisins, tout cela est réellement fascinant lorsque l’on prend le temps de s’y intéresser. Surtout lorsque ce monde, notre monde, est perçu via le filtre de notre société actuelle. Comment l’humanité s’est-elle reconstruite après avoir chuté d’un coup ? Comment a-t-elle à ce point « régressée » ? Croyez-moi, il est facile de se perdre dans le monde d’Horizon. Mais on s’y perd avec un plaisir immense, constamment émerveillé par la nature environnante et toujours porté par une bande-son extrêmement juste, mêlant instruments traditionnels et arrangements électroniques faisant le lien avec ce qu’il se passe à l’écran. Il y aurait encore tant de choses à dire sur Horizon, mais le mieux est de vous inviter à découvrir cela par vous même. Prévoyez tout de même une bonne soixantaine d’heures devant vous pour tout faire, tout voir, et bien plus encore si vous souhaitez prendre le temps d’apprécier ce captivant voyage.

Les images sont capturées sur une PS4 classique. Je n’ai pas touché à la version PS4 Pro.

L'avis d'extralife
  1. Developpeur : Guerrilla Games
  2. Éditeur : Sony
  3. Genre : Action RPG
  4. Date de sortie : 1er mars 2017
  5. Support : PS4
  6. Nombre de joueur : Solo uniquement
  7. PEGI : 16 ans et plus
  8. Site officiel : https://www.guerrilla-games.com/
  • Pour son premier titre en monde ouvert, Guerrilla Games offre un jeu magistral bâti sur les codes du genre, sans jamais jouer la carte de la démesure. Si la variété est bien de mise dans le titre, dans ses quêtes et les mises en situation, la cohérence de l'expérience générale reste toujours prioritaire pour donner vie à l'aventure d'Aloy. Solide sur son aspect action qui multiplie les combats intenses et dynamiques, la vraie force d'Horizon : Zero Dawn est à trouver au niveau de son univers, de sa direction artistique, de ses incroyables tableaux et de sa musique envoûtante qui donne de l'âme au titre et qui permet littéralement à Guerrilla, après des années de Killzone, de se tourner enfin vers d'autres Horizons.
5

La découverte de BurgerTime aux débuts des années 80 aura clairement affecté la vie de ce grand bonhomme. Non seulement, Jihem a développé une passion pour les jeux vidéo, mais il a également choisi de s'installer au pays du hamburger. Sa mère est plutôt heureuse qu'il n'ait pas découvert les jeux avec Boogerman.

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3 commentaires

  1. Elerez
    4 mars 2017 à 18 h 44 min

    Je viens tout juste de commencer le jeu et je suis déjà pris a fond dans le jeu je sens qu’il va m’occuper un bon moment !

  2. Allendor
    5 mars 2017 à 5 h 01 min

    Avec la Switch et Zelda j’ai énormément à faire du coup je n’ai pas encore pu acheter Horizon mais il est dans ma liste des jeux à faire avec NieR Automata, Mass Effect et aussi Hellblade qui doit sortir cette année et dont nous n’avons eu que peut d’information depuis quelques temps ça m’inquiète un peut.

    Quoi qu’il en soit très bon test toujours aux p’tits oignons et tu as trouvé le moyen de nous faire des screenshots vraiment superbe on sens que pour certains tu as pris le temps pour les faire car c’est clairement pas des screens fait à l’arrache bref j’approuve ! :)

  3. Painwinter
    5 mars 2017 à 23 h 35 min

    Ce jeu est vraiment une merveille ! J’ai passé plus d’une quinzaine d’heures rien qu’à me balader et explorer la zone de départ !

    Le rythme, la narration, le gameplay, la DA, la technique, il n’y a vraiment rien de négligé. C’est une véritable claque et un petit chef d’oeuvre que nous ont offerts Guerrilla Games !

    Après la déception qu’a été No Man’s Sky j’avais peur que ce jeu suive la même voie : vendre du rêve dans les trailers et dans les promesses pour au final n’être qu’un pétard mouillé et ça fait sincèrement plaisir de se rendre compte qu’il n’en est rien. <3

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