Nioh : Le fugu du jeu vidéo Test JV

Nioh : Le fugu du jeu vidéo

Ces derniers temps, la difficulté a le vent en poupe, ce n’est pas le studio Team Ninja qui vous dira le contraire. Dark Souls, Lord of the Fallen, Salt Sanctuary, Bloodborne, on ne compte plus les jeux choisis par les joueurs pour s’offrir des petites séances de rage et de souffrance. Nioh ne déroge pas à la règle, ses boss font d’ailleurs passer Christian Grey pour un amateur. Mais, plus qu’un simple Souls-like, Nioh est un jeu aux influences multiples.

Ici, on contrôle William, un navigateur anglais, en fait, le premier à s’être rendu au Japon durant les années 1600. Dans Nioh, il rencontre une flopée de personnages historiques bien connus des afficionados de l’histoire nipponne. Cependant, qui dit Japon féodal, dit également imbroglios de relations géopolitiques assez opaques pour les néophytes. De temps à autres, il faut avoir l’esprit bien accroché pour parvenir à suivre. Mais la trame scénaristique étant plus claire que celles des Dark Souls et étant développée par le truchement de cinématiques, elle reste tout de même accessible.

Évidemment, bien que la plupart des personnages du jeu soient des figures historiques réelles, le folklore japonais, avec ses yokais (démons) et ses esprits protecteurs, apporte une touche fictionnelle et mythologique au titre. Nioh est donc une sorte de Secret d’Histoire de l’Enfer qui nous fait donc découvrir le paysage politique et culturel japonais aux alentours des XVIème et XVIIème siècle, saupoudré de démons et de monstres en tous genres.

William contre les Yokais

Ainsi, notre avatar se balade dans tout le japon en tailladant gaiement des créatures étranges comme des samouraïs zombies, des araignées, des onis, des cyclopes, des roues-moines (#Rubber) ou, vu que c’est le bordel à chaque fois que Mary Poppins boit, des ombrelles démoniaques. Pour ce faire, William dispose d’un arsenal bien fourni.

Notre homme, une fois n’est pas coutume, est polyvalent, il semble maitriser de nombreuses armes : sabres, double katanas, lances, haches et kurasigama, une faucille au bout d’une chaine à la portée étonnante. Chacune de ces armes a ses avantages et ses inconvénients. La hache, par exemple, tend à être plutôt lente. Et, étant donné que Nioh est assez punitif même quand on est rapide, une attaque à la hache ratée a tendance à mal tourner. Les doubles katanas quant à eux sont rapides et offrent une grande mobilité, en plus d’être classes. Les lances ne sont pas forcément rapides, mais offrent une portée plus que bienvenue. Enfin soit, le choix de l’arme est avant tout une décision stratégique qui doit être pensée en fonction de notre style de jeu et de l’ennemi que l’on a en face de soi.

Cet arsenal peut être utilisé de moult manières. En effet, les développeurs ont implémenté un système de combat basé sur trois gardes : la haute, la moyenne et la basse. La garde haute est la plus puissante, mais également la plus lente, la moyenne est équilibrée et permet une mobilité correcte assortie d’une puissance acceptable, et la basse est la plus rapide, mais la moins puissante. Les diverses attaques consomment également des quantités différentes d’endurance, ici, le Ki. Attention, l’épuisement ne pardonne pas et entraine implacablement des dégâts dont on se passerait bien. Une fois le système de combat maitrisé, on peut commencer à switcher entre les différentes gardes, ce qui donne une toute autre dimension au gameplay, particulièrement dynamique.

Comme un Dark Souls, ce titre peut se montrer particulièrement punitif. Les dégâts que nous provoquent les ennemis sont substantiels et nous font réfléchir à deux fois avant de foncer tête baissée. Mais Nioh est tout de même beaucoup plus accessible que ses prédécesseurs. Après un moment, une fois tous les patterns des ennemis bien assimilés et les divers combos maitrisés, il devient aisé de progresser dans les niveaux. Par contre, les boss jouent dans une toute autre catégorie.

Il arrive fréquemment que l’on finisse un niveau en annihilant tous les ennemis qui nous font face sans problème, pour enfin arriver face à un boss qui nous écrase comme une mouche pour ensuite nous broyer, nous brûler, nous geler et nous découper, ce qui, la science l’a prouvé, a la fâcheuse tendance d’entrainer la mort. Les boss sont impitoyables, rapides et puissants pour la plupart. Il faut parfois une dizaine de tentatives avant d’en venir à bout, même lorsqu’on a trouvé leurs faiblesses.

Ces boss mettront notre patience à rude épreuve, de même que celle de notre entourage qui n’hésitera pas à venir nous dire au moment le moins opportun qui soit, disons… après 15 défaites contre le même boss : « Mais enfin, pourquoi est-ce que tu joues si c’est pour t’énerver comme ça ? C’est qu’un jeu hein ! » Mais non ce n’est pas qu’un jeu. Après avoir affronté un boss de Nioh et après s’être fait laminer, ce n’est plus une question de jeu, mais plutôt de grandeur, de persévérance et d’honneur ! C’est dans ces moments-là que l’on reconnait la valeur d’un grand guerrier, c’est dans ces moments-là qu’on écrit l’histoire, c’est dans ces moments-là qu’on met une dérouillée à cette saloperie de boss qui nous roule dessus depuis une heure et piétine sans vergogne notre ego !

Plus on est de fous…

Nioh dispose également d’un mode multijoueur basé sur la coopération. Il est possible d’invoquer un autre joueur ou de le rejoindre. Des émotes débloqués au fur et à mesure du jeu permettent de communiquer avec notre nouveau compagnon. Les joueurs les plus sympathiques n’hésitent pas à nous aider à trouver tous les secrets d’un niveau, en nous montrant l’emplacement des Kodamas par exemple, des petits esprits mignons qui nous permettent de profiter de bénédictions et augmentent nos chances de looter du stuff intéressant, ou notre taux d’amrita.

Il convient aussi de mentionner que, quand un joueur meurt, il laisse un fantôme derrière lui. Ces fantômes apparaissent à l’écran par le biais des tombes sanglantes. Il est alors possible de les activer pour affronter le fantôme d’un compatriote décédé. Jouer les Ghostbusters permet d’engranger de la gloire qui peut être échangée contre des avantages et des pièces d’équipement, mais également de looter l’équipement des spectres affrontés. Il n’est pas rare de tomber sur des joueurs ne possédant que des objets mauves. Inutile alors de préciser qu’il n’est pas compliqué d’obtenir de bons équipements.

Jardins japonais, ou faits aux dalles si vous préférez

Le monde de Nioh, à la différence d’un Dark Souls, est divisé en niveaux bien distincts. Pas de monde ouvert donc. Les décors du jeu quant à eux sont beaux et variés, à l’exception de certains sempiternels environnements d’une répétitivité sans nom comme les grottes, pour ne citer qu’elles. Ainsi parcourt-on les îles nipponnes et leurs nombreux villages, jardins et paysages typiquement japonais. Les niveaux sont aussi impitoyables que les monstres que l’on y trouve. Il y a de nombreux pièges, trous et points d’eau, souvent synonymes de mort. Notre héros ne sachant pas nager, un étang est au moins aussi dangereux qu’un cyclope de trois mètres de haut, gardez-vous donc de tenter de traverser une rivière là où il n’y a ni passerelle, nippon.

Il faut également préciser que ce titre risque de donner du fil à retordre aux joueurs qui manquent de sens de l’orientation. On progresse perpétuellement dans des niveaux qui relèvent plus du dédale qu’autre chose. Les mécaniques d’exploration sont assez similaires aux autres jeux du genre. On trouve un sanctuaire (le fils spirituel du feu de camp) et on avance petit à petit en espérant débloquer une porte ou une échelle, et ainsi ouvrir un nouveau raccourci.

Ces sanctuaires jouent presque le même rôle que les feux. On peut y échanger notre expérience contre des niveaux, ici, elle est appelée Amrita. Mais ils disposent également d’autres mécaniques intéressantes, notamment le système d’offrandes qui s’avère plus que pratique. Comme dit précédemment, les influences de Nioh sont multiples. Ainsi, à l’instar de la série des Diablo, le joueur est enseveli sous une montagne de stuff. Le moindre ennemi abattu nous lègue une quantité d’équipements non négligeable. Le système d’offrande nous permet d’échanger ces pièces d’équipement contre de l’Amrita, si tant est que l’on ne préfère pas les vendre à la forge, ou les démanteler pour créer de nouvelles pièces par la suite.

En effet, dans Nioh, il est possible de se forger ses propres armes et armures grâce aux matériaux dénichés de-ci, de-là. Ces matériaux (de même que l’équipement) sont classés par couleur selon leur rareté. Ainsi a-t-on du blanc, du jaune, du bleu et enfin, le très convoité violet. Plus l’objet est rare, plus il dispose de caractéristiques spécifiques. Il est possible par exemple d’obtenir des dégâts supplémentaires, une vitesse de course accrue ou encore d’obtenir plus de Ki, pour ne citer que quelques possibilités.

Les sanctuaires permettent également de changer d’esprit protecteur. Ceux-ci améliorent les stats du joueur et lui permettent, une fois la jauge correspondante remplie, d’entrer dans un mode spécial et d’appliquer la force de l’esprit en question sur les armes de William. Ainsi les dégâts sont-ils fortement augmentés. De plus, notre avatar ne subit plus de dégâts pendant toute la durée de l’utilisation du mode esprit. Tout au long du jeu, de nouveaux protecteurs spirituels feront leur apparition et se révèleront utiles ou non, en fonction du style de jeu. Certains augmentent considérablement l’attaque, là où d’autres apportent plus de défense ou de mobilité. Les possibilités de customisation de l’avatar sont donc nombreuses, ce qui fait de Nioh un jeu assez riche en influences, comme en mécaniques de jeu.

*Aucune manette n’a été maltraitée pendant ce test

L'avis d'extralife
  1. Développeur : Team Ninja
  2. Éditeur : Koei Tecmo
  3. Genre : Action RPG
  4. Support : PS4
  5. PEGI : 18 ans et plus
  • Nioh, jeu qui doit faire fureur parmi les membres de Munch, nous emmène dans un Japon féodal parsemé de monstres et démons sadiques en tous genres. Son gameplay dynamique et complet rend ce Souls-like plus accessible que ses prédécesseurs tout en assurant une dose de frustration plus que convenable. Puisant son inspiration dans de nombreux genres, Nioh assure tout de même une expérience originale et, à défaut de renouveler le genre, parvient au moins à se démarquer au sein du torrent d’odes à la souffrance et au désespoir qui se déverse de plus en plus violemment sur nos écrans.
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1 commentaire

  1. ThaneKrios
    17 mars 2017 à 9 h 14 min Répondre

    J’ai pas encore joué au jeu mais les cyclopes ça doit être les « Oni », le parapluie c’est « kasa-obake » et dans les vidéos j’ai même cru reconnaître le plus célèbre des yokai, le « kappa ».