Knack 2 : Une suite sans niaque Test JV

Knack 2 : Une suite sans niaque

Sony avait le choix. Ne plus jamais parler de Knack et laisser la licence tomber dans l’oubli jusqu’à ce qu’un journaliste du futur la retrouve pour les besoins d’un Top 10 des jeux de lancement les plus décevants, ou assumer pleinement ses décisions et donner le feu vert à une suite censée faire mieux que le premier volet. Évidemment, la lecture de cet article indique que l’éditeur a tranché pour offrir une seconde chance à son héros polymorphe.

Revoilà donc Knack en tête d’affiche d’une seconde aventure aux côtés de son pote Lucas et d’une nouvelle venue, la charmante Ava. L’objectif du trio sera d’arrêter les attaques répétées de mystérieux robots et donc de sauver l’humanité d’une fin programmée. Au cours des quinze chapitres, les héros voyageront dans une succession de niveaux très lambda, tous construits comme de longs, très longs couloirs peu mémorables. Sorti de quelques rares séquences aux commandes d’un tank ou même d’un robot géant apportant un peu de variété, Knack 2 sombre hélas rapidement dans une routine largement calquée sur le premier volet.

Un épisode résolument plus plates-formes que le précédent.

Cette fois, l’équilibre est cependant mieux respecté entre plates-formes et action ; on passe donc un peu moins de temps à frapper des hordes d’ennemis et un peu plus à sauter sur des passerelles mouvantes, même si le jeu souffre toujours autant d’un gros problème de rythme. Clairement, les niveaux sont tous deux fois trop longs pour ce qu’ils proposent réellement et au lieu de mettre en valeur des séquences fortes et variées, tout se retrouve dilué, étalé, et répété plusieurs fois comme pour prolonger artificiellement une durée de vie qui n’avait pas besoin de cela pour exister. En effet, Knack 2 regorge déjà suffisamment de coffres cachés et de modes de jeu annexes (des défis, un mode coopératif et même un new game +) pour occuper les joueurs soucieux d’amortir leur investissement.

Devenir tout petit pour mieux grimper. C’est généralement la règle dans Knack.

Knack 2 n’exploite pas non plus les spécificités de son personnage qui, rappelons-le, est capable de grandir en incorporant des orbes supplémentaires pour passer de 60cm à près de 10m de haut. Au lieu de laisser le joueur s’amuser avec ces différentes tailles, Knack 2 mâche tout le travail et dicte par avance la hauteur qu’aura le héros à tel moment de l’aventure. C’est peut-être bon pour la mise en scène, moins pour le gameplay qui voit son idée maîtresse réellement bridée. S’il n’est pas possible de contrôler minutieusement la taille du personnage, l’option reste de pouvoir alterner entre sa taille minimale et maximale de l’instant. Devenir tout petit est ainsi nécessaire pour explorer de petits recoins et dénicher des trésors ou simplement évoluer sur de maigres corniches et atteindre la suite du niveau. Mais ça s’arrête là, ce qui est bien dommage. Les différentes transformations (glace, métal, cristal, etc.) passent également en retrait pour offrir moins d’énigmes qu’auparavant, alors qu’il y avait pourtant matière à exploiter le filon pour donner de la consistance et du relief à la progression.

En grandissant, Lucas s’est transformé en jeune David Schwimmer.

C’est à peu près la même histoire avec le système de combat, de base plutôt sympa grâce à de multiples types d’attaques efficaces contre différents ennemis, mais hélas régi par un arbre de compétences complètement illusoire. Au lieu de laisser les joueurs débloquer des pouvoirs comme ils l’entendent, le jeu les oblige à terminer entièrement l’un des quatre cadrans avant de pouvoir passer au suivant. À quoi bon leur proposer cet arbre si c’est pour limiter autant leurs choix ? Pourquoi ne pas leur avoir simplement offert les compétences en temps voulu, puisque dans les faits, c’est à peu de choses près ce qui se passe durant le jeu ? En somme, que ce soit par ses niveaux construits comme des couloirs, son gameplay presque scripté ou son faux-semblant d’arbre de compétences, le jeu se retrouve systématiquement étouffé par des développeurs qui tiennent leur Knack en laisse courte.

L'avis d'extralife
  1. Développeur : Sony Japan
  2. Éditeur : Sony
  3. Genre : Action, Plates-formes
  4. Date de sortie : 5 septembre 2017
  5. Support : PS4
  6. Nombre de joueurs : 1 ou 2 en coopératif
  7. PEGI : 7 et plus
  • En soi, Knack 2 est un meilleur jeu que Knack 1 grâce à un équilibrage plus réussi entre ses composantes plates-formes et bagarre. Mais c'est bien le seul point qui a réellement évolué, puisque le reste passe pour une grosse redite du premier volet. Si on ne demande pas monts et merveilles à la série, un peu plus de folie serait la bienvenue pour lui permettre de s'émanciper des barrières artificielles entre lesquelles elle s'est enfermée et de finalement révéler son vrai potentiel. Rendez-vous au troisième épisode puisque tout semble indiquer que Knack sera prochainement de retour.
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La découverte de BurgerTime aux débuts des années 80 aura clairement affecté la vie de ce grand bonhomme. Non seulement, Jihem a développé une passion pour les jeux vidéo, mais il a également choisi de s'installer au pays du hamburger. Sa mère est plutôt heureuse qu'il n'ait pas découvert les jeux avec Boogerman.

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1 commentaire

  1. Draky
    11 octobre 2017 à 10 h 12 min

    Une suite gratuite, c’est toujours top :P : http://www.gamekyo.com/blog_article411904.html

    Sans déc., c’est un jeu de plates-formes, pas très courant sur PS4, on peut y jouer avec son/sa gamin/e, donc c’est bien à prendre.

    40 € de base, je ne vois pas le souci.

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