Psycho Starship Rampage : Dans l’espace, personne ne vous entend bricoler Test JV

Psycho Starship Rampage : Dans l’espace, personne ne vous entend bricoler

Il y a les jeux qui se contentent de suivre les règles édictées par leurs prédécesseurs. On pense bien entendu aux remakes, aux suites, mais aussi à cette cohorte de titres sans originalité qui repompent à l’identique les formules qui ont déjà fait leurs preuves. Et puis il y a ceux qui se nourrissent de leur environnement pour innover, qui piochent des ingrédients à gauche et à droite pour finalement les accommoder à leur propre sauce et nous proposer une nouvelle recette. Psycho Starship Rampage fait justement partie de ceux-là.

Ceux qui se plaignent encore que la production actuelle de jeux vidéo manque de diversité et d’audace feraient bien de quitter des yeux quelques minutes l’actualité des blockbusters pour s’intéresser un tout petit peu à ce qu’il se passe du coté de la scène indépendante. Cette dernière n’en finit pas de bouillonner, régulièrement de nouveaux studios émergent de ce joyeux vivier et apportent dans leurs filets des concepts novateurs. Peut-être est-ce dû à l’aura du Stunfest qui ne cesse d’accroître sa popularité, toujours est-il que la Bretagne abrite aujourd’hui un nombre considérable de petits développeurs prêts à se lancer dans les expérimentations les plus folles. C’est le cas de Ballistic Frogs qui nous livre avec Psycho Starship Rampage un shoot’em up assez original. C’est bien simple, imaginez un Faster Than Light dans lequel les phases de combat ne se déroulent plus au tour par tour mais donnent lieu à du shmup à scrolling horizontal, vous tenez plus ou moins l’idée directrice de Psycho Starship Rampage.

Des premiers pas hésitants

Votre route vers la Terre sera forcément pavée de dangers.

Votre route vers la Terre sera forcément pavée de dangers.

Le cocktail est séduisant sur le papier mais il faut bien reconnaître que les premiers pas dans le jeu ne sont pas des plus affriolants. On se retrouve ainsi aux commandes d’un vaisseau spatial assez lambda, doté d’une puissance de feu tout ce qu’il y a de plus ridicule. Un peu comme dans FTL, on change de niveau en sautant d’un point à l’autre sur une carte représentant l’immensité spatiale. On incarne en réalité une IA psychotique qui sort d’un long sommeil et qui recherche le chemin jusqu’à la Terre. Elle fait place nette en éradiquant tous les vaisseaux qui se mettent en travers de son chemin, mais une énorme armada est à ses trousses. On connaît la chanson : on est lancé dans une fuite en avant qui va nous amener à traverser de manière relativement aléatoire des secteurs de plus en plus dangereux, et pour y parvenir il faudra améliorer les caractéristiques de notre vaisseau. Présenté de cette manière, on croirait vraiment avoir affaire à un clone parfait de FTL, regardons donc ce qu’il se passe lors des fameuses phases de shoot’em up.

Les astéroïdes et les déchets peuvent être bien pratiques.

Les astéroïdes et les déchets peuvent être bien pratiques.

Là encore, le premier constat n’est pas extrêmement flatteur. Les ennemis manquent d’originalité, se contentent de débarquer en vagues de plus en plus importantes et notre vaisseau s’avère assez frustrant à prendre en main lors de ses premières sorties. Histoire de couronner le tout, chaque niveau se termine sur un boss parfaitement générique dont les patterns se répètent furieusement. Ajoutez à cela un rendu graphique sans faste et vous comprendrez que ce Psycho Starship Rampage n’est pas le genre de titre duquel on tombe amoureux au premier regard. Rassurez-vous, cette relative frustration s’envole lorsqu’on touche réellement au cœur du gameplay : la possibilité de personnaliser totalement son vaisseau. Il faut quelques runs pour se convaincre du potentiel de ce système, mais finalement on comprend que la diversité est moins à chercher du côté de l’environnement et des menaces, que des techniques mises en œuvre pour y faire face.

Le plaisir de mettre les mains dans le cambouis

La construction du vaisseau constitue finalement l'élément central du jeu.

La construction du vaisseau constitue finalement l’élément central du jeu.

Certes, ce n’est pas en tant que shmup pur jus que Psycho Starship Rampage nous en met plein les yeux, mais les choses deviennent vraiment plus intéressantes une fois qu’on maîtrise le principe d’upgrade. Les bases sont simples, le fait de réduire en miettes ses ennemis donne l’occasion de mettre la main sur la matière première et surtout sur les plans qui permettent ensuite d’améliorer son vaisseau. Au début, on est plutôt timide, on se contente de remplacer les pièces déjà en place par leurs équivalents un peu plus évolués. Puis, on découvre des armes et des options un peu plus exotiques qui donnent envie d’expérimenter. On se rend compte par exemple qu’il est très efficace de jouer avec les débris ou les morceaux d’astéroïdes pour en faire des boucliers ou des projectiles mortels grâce aux améliorations adéquates. On en vient ensuite à essayer d’optimiser au mieux sa consommation d’énergie pour se retrouver à sec le moins souvent possible. Enfin, une fois qu’on a pris un peu d’assurance, on s’amuse avec les différents éléments comme autant de briques de Lego pour modeler exactement le vaisseau que l’on souhaite.

Laissez libre cours à votre imagination pour concevoir les vaisseaux les plus originaux.

Laissez libre cours à votre imagination pour concevoir les vaisseaux les plus originaux.

Cette personnalisation ultra poussée n’a pas seulement des conséquences esthétiques ; il faut réussir à mettre sur pied le plan le plus optimal possible, c’est à dire celui qui permet de profiter au mieux des boucliers, de ne pas exposer trop de surface aux tirs ennemis, de mettre en place un motif de tir le plus efficace possible en jouant sur la disposition et l’inclinaison des armes… Cette construction doit aussi tenir lorsqu’on est pris dans la tourmente, il faut donc bien penser à protéger les pièces les plus essentielles en utilisant celles qui sont jugées plus secondaires comme autant de boucliers naturels. L’aspect aléatoire du loot assure une incroyable rejouabilité, et si vous êtes du genre à aimer les expériences surprenantes à plusieurs, vous pouvez toujours proposer à des amis de vous rejoindre dans une virée spatiale. Le fait de pouvoir totalement remapper les touches et d’identifier jusqu’à quatre contrôleurs ouvre en effet la possibilité de constituer un véritable équipage spatial pour manier le vaisseau, un peu comme c’était le cas dans Affordable Space Adventures. Chaque joueur se voit allouer son petit domaine, l’efficacité de l’ensemble dépend surtout de la capacité de l’équipe à se coordonner. En somme, nous tenons là un jeu dans le jeu, un petit supplément qui ne fait pas tout mais qui s’avère suffisamment divertissant pour mériter le détour.

Vous commencez peut-être à saisir un peu mieux ce que Psycho Starship Rampage peut vous offrir : si vous cherchez un jeu qui fait le boulot à votre place et qui vous tient sagement par la main, vous pouvez passer votre chemin ; par contre, si vous êtes prêts à jouer au mécano spatial, au savant fou souhaitant expérimenter de nouvelles façons d’explorer la galaxie, vous tapez à la bonne porte. Ne vous laissez pas berner par ses faux airs de shoot’em up, le titre s’adresse moins à votre adresse qu’à votre imagination et à votre inventivité pour vous embarquer dans un beau voyage à travers les étoiles.

L'avis d'extralife
  1. Développeur : Ballistic Frogs
  2. Genre : Construction / shoot'em up / rogue-like
  3. Date de sortie : 28 septembre 2015
  4. Support : PC, Mac, Linux
  • psycho_starship_rampago_2_logoPsycho Starship Rampage nous ressert peut-être des ingrédients piochés ici ou là, mais il les accommode d'une façon originale pour aboutir à une recette vraiment alléchante. D'ailleurs, prenez garde : vous risquez de passer totalement à côté du titre si vous le considérez comme un shoot'em up classique. C'est seulement en sollicitant votre imagination et votre inventivité que vous pourrez profiter de tout son potentiel.
4

Tombé sur Terre un peu par hasard, le blob dévore mollement tout ce qu'il trouve dans l'espoir de comprendre son environnement. Ne jugez pas trop sévèrement son appétit vorace ou vous risquez d'être au menu de son prochain repas.

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5 commentaires

  1. Dragonmik
    16 octobre 2015 à 14 h 04 min Répondre

    Très bon test, il résume bien l’approche à adopter pour ce jeu. Ne pas le prendre pour un shoot classique mais plutôt comme un jeu légo, ce PSR est un ovni pour moi !

    1. Casval
      16 octobre 2015 à 15 h 55 min

      https://www.youtube.com/watch?v=T-zbc2Fymh4 :p

    2. miniblob
      17 octobre 2015 à 8 h 09 min

      Alors Casval, autant j’aime bien Pseudoless, autant je ne suis pas du tout d’accord avec cet épisode de Red Barrel (d’ailleurs je lui avais dit). Il y a bien des OVNI du côté des jeux vidéo, des titres qui sortent clairement des règles établies, qui transgressent les conventions pour mieux construire de nouveaux genres. Il y a des jeux qu’on peut ranger dans une case de manière très simple et d’autre qui n’entrent dans aucune classification. Alors oui on peut retrouver les éléments qui font d’eux des jeux, mais ce n’est pas pour autant qu’ils rentrent dans des genres préétablis puisqu’ils créent eux-même leur propre genre…

    3. Dragonmik
      19 octobre 2015 à 19 h 22 min

      et surtout, j’écris ce que je veux ;-)

  2. GravielLoken
    16 octobre 2015 à 17 h 20 min Répondre

    hmm intéressent pouvoir crée son propre type d arme librement ainsi que sa forme est plutôt cool . ca crée de la variété et renouvelle le plaisir de jeu