Les Aventuriers du Rail : Europe, 15 ans de bonheurTest JDS

Les Aventuriers du Rail : Europe, 15 ans de bonheur

Les années passent et la série Les Aventuriers du Rail continue de grandir en proposant régulièrement de nouvelles boîtes. S’il s’agit souvent d’extensions, nous avons aussi parfoisle droit à des rééditons comme c’est le cas aujourd’hui avec une luxueuse version venue célébrer le quinzième anniversaire des Aventuriers du Rail : Europe.

En comptant les différentes versions et les extensions, petites et grandes, la série Les Aventuriers du Rail dépasse facilement la trentaine de déclinaisons. Parmi ces nombreuses variantes, je pense bien que le plateau Europe reste ma façon préférée de jouer. C’est fort possible que ce soit dû à une grande part de nostalgie puisqu’après avoir découvert la série en version digitale sur mon téléphone, Europe a été mon vrai premier contact physique avec la série. Depuis, j’ai une affection toute particulière pour cette version. Mon avis sur l’édition 15ème Anniversaire est donc potentiellement biaisé. Vous voilà prévenus.

Toujours un plaisir

À la base, on retrouve toujours le même jeu. Un concept simple et très familial, parfait pour découvrir ce que l’on appelle aujourd’hui le jeu de société moderne. Dans Les Aventuriers du Rail : Europe, comme dans pratiquement tous les épisodes de la série, votre objectif est de remplir des cartes destinations en trouvant un moyen de relier les deux villes inscrites sur chacune de ces cartes. Peu importe le trajet, tant que vos petits trains parviennent à tracer une ligne continue de la ville A vers la ville B, vous pourrez prétendre aux points de victoire associés à la carte. En revanche, vous perdrez des points pour chaque carte destination non complétée avant la fin de la partie. Pour arriver à vos fins, vous égrainerez vos petits trains en plastique sur diverses routes à travers l’Europe en utilisant des cartes wagons. Par exemple, défaussez 4 cartes wagons rouge et vous pourrez déposer vos trains sur une route longue de cartes cases rouges sur le plateau. Tout le moteur du jeu repose alors sur ces cartes wagons que l’on récupère et que l’on dépense stratégiquement pour prendre des routes et valider des objectifs de destinations.

Le système de jeu est on ne peut plus simple. À chaque tour de jeu, vous ne pourrez effectuer qu’une action à choisir parmi quatre. Soit vous prenez des nouvelles cartes wagons, soit vous utilisez vos cartes wagons pour poser des trains sur le plateau, soit vous reprenez de nouvelles cartes destinations pour augmenter votre potentiel de points de victoire en fin de partie, soit, et c’est une nouveauté de la version Europe, vous construisez une gare. À tout cela s’ajoute quelques petites subtilités comme la présence de cartes locomotives qui représentent un wagon de n’importe quelle couleur, ou encore le fait que chaque route prise sur le plateau permet aussi d’empocher des points en fonction de sa longueur.

Le plateau Europe introduit plusieurs petites nouveautés à commencer par les gares évoquées à l’instant. En plaçant une gare dans une ville, un joueur peut emprunter une route adjacente appartenant à un autre joueur pour tout de même valider une destination. Les gares ajoutent ainsi une sorte de deuxième chance pour atteindre des destinations qui semblaient bloquées par les concurrents. Cela adoucit un peu la partie en donnant la possibilité à un joueur de se « défendre » face à un adversaire trop agressif. Les gares sont toutefois limitées à trois par joueur et des points sont accordés pour chaque gare non utilisée, histoire d’équilibrer les choses.

L’autre grande nouveauté en Europe, c’est l’apparition de ferries et de tunnels pour relier deux villes. Pour les ferries, il faudra obligatoirement jouer autant de locomotives qu’indiquées sur le plateau ; tandis que les tunnels ajoutent une part de chance. En effet, lorsqu’un joueur creuse un tunnel, il devra piocher trois cartes supplémentaires et ajouter de sa main autant de cartes de la couleur du tunnel qu’il vient de révéler. Un petit exemple ne fera pas de mal. Imaginons que vous décidez de creuser un tunnel bleu de 4 cases, vous dépensez alors 4 cartes wagons bleus comme normalement. Mais en plus de cela, il vous faut aussi révéler les trois premières cartes de la pioche. Pour chaque carte bleue qui sort, vous devez jouer une carte wagon bleu supplémentaire de votre main. Si vous ne pouvez pas le faire, alors le tunnel n’est pas complété et vous reprenez simplement les 4 cartes précédemment jouées.

Joyeux anniversaire

Pour un meilleur confort de jeu, nous avons droit à un plateau principal surdimensionné (97×64,5 cm contre 79×52,5 cm pour l’édition originale, soit une surface 50% plus grande), bien plus coloré et agrémenté de nouvelles illustrations pour lui donner vie. On passe littéralement son temps à regarder les petits détails qui surgissent ça et là. Ici, c’est un voilier qui traverse la Manche. Plus loin c’est une montgolfière qui s’approche de la mer Noire. Une myriade de bâtiments et de monuments célèbres est aussi apparue sur cette nouvelle version du plateau. Bref, c’est très joli et l’ensemble dégage comme toujours un aspect très chaleureux dans une ambiance Belle Époque extrêmement réussie.

Toutefois, l’attraction principale de cette édition 15ème Anniversaire réside bien sûr dans les wagons en plastique. Vraiment jolis et suffisamment détaillés, ils arrivent tous dans leurs propres petites boîtes métalliques frappées d’un nom de compagnie ferroviaire fictive. C’est plutôt classe et tous les wagons ressortent bien une fois placés sur les trajets européens du plateau. Ceci dit, il faut préciser que ces trains ne sont pas faits pour quitter ce plateau surdimensionné. En effet, l’éditeur Days of Wonder propose ici des wagons 5 mm plus longs que les wagons habituels. Cela ne paraît rien, mais ce sont 5 mm de trop pour que tout coïncide sur les nombreux autres plateaux standards de la série. Pour mémoire, c’était déjà le cas avec les wagons de l’édition 10ème Anniversaire du jeu de base. Dommage que ce détail n’ait pas été repensé pour faire voyager ces petits trains en dehors des frontières européennes.

L’autre petite déception est de ne retrouver qu’une partie de l’extension 1912 dans cette version anniversaire. Toutes les cartes destinations de 1912 sont bien là, mais pas les entrepôts, ni les dépôts. Pourquoi ne pas être allé au bout de la démarche et réellement inclure tout le contenu déjà sorti pour Europe ? D’autant qu’on trouve ici les cartes destinations de la mini extension Orient Express. On n’est vraiment pas passé loin du carton plein !

Heureusement, ces choix éditoriaux n’entachent pas le plaisir de jeu qui reste toujours intact, voire bonifié pour ceux qui, comme moi, aiment manipuler du joli matériel. La série Les Aventuriers du Rail a toujours su offrir une ambiance très chaleureuse et accueillante, comme si elle nous invitait à bord d’une cabine dans le plus confortable des trains. Cette luxueuse version anniversaire ne déroge pas à la règle grâce à son grand plateau et ses jolis petits trains.

Lire les règles des Aventuriers du Rail : Europe

Article écrit à partir d’un exemplaire envoyé par l’éditeur.

L'avis d'extralife
  1. Auteur : Alan R. Moon
  2. Illustrateur : Julien Delval
  3. Éditeur : Days of Wonder
  4. Genre : Placement, Collection
  5. Nombre de joueurs : 2 à 5 joueurs
  6. Âge recommandé : 8 ans et plus
  7. Durée de la partie : 30 - 60 min
  • Les Aventuriers du Rail : Europe, c’est ma Madeleine de Proust. La série en général, et cette version en particulier, a toujours incarné le jeu familial par excellence. Alors pouvoir y jouer désormais sur un plateau encore plus grand et encore plus joli, avec des trains plus détaillés, est un pur bonheur qu’on aurait tord de laisser passer. Certes, tout n’est pas forcément parfait puisque les trains ne sont pas vraiment compatibles avec les autres versions et qu’il manque les entrepôts et les dépôts de l'extension 1912, mais qu’à cela ne tienne ! Voilà une version deluxe qui fait plaisir et que je recommande vivement à ceux qui sont prêts à y mettre le prix. Car effectivement, le ticket d’entrée n’est pas donné.
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Jihem

La découverte de BurgerTime aux débuts des années 80 aura clairement affecté la vie de ce grand bonhomme. Non seulement, Jihem a développé une passion pour les jeux vidéo, mais il a également choisi de s'installer au pays du hamburger. Sa mère est plutôt heureuse qu'il n'ait pas découvert les jeux avec Boogerman.

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