Super Mario Odyssey : La folie des grandeurs ! Test JV

Super Mario Odyssey : La folie des grandeurs !

Ayant laissé à Link le soin de venir tâter le terrain sur Switch avant d’y installer ses propres quartiers, Mario compte bien, à présent, récupérer son titre de star numéro un, moins d’un an après le lancement de la nouvelle console de Nintendo. Gâtés, les joueurs le sont d’autant plus que cet épisode canonique du plombier affiche des ambitions dignes de ce nom, mettant tout en œuvre pour nous surprendre comme à l’époque où Mario découvrait la 3D sur N64.

La légendaire casquette rouge de Mario n’est plus. Éjectée d’une pichenette par Bowser durant la dernière altercation musclée ayant opposé les deux ennemis de toujours, l’étoffe rouge s’est vue piétinée sans vergogne avant d’être littéralement déchiquetée, finissant sa course en lambeaux entre les mains d’un étrange haut-de-forme blanc dénommé Cappy. Autre victime dans cette affaire, Mario échoue lui aussi au pays des chapeaux, avec comme idée fixe d’empêcher le mariage de Bowser avec la princesse du royaume Champignon. Mais tout espoir n’est pas perdu puisque son objectif converge avec celui de Cappy qui n’est autre que le frangin de Tiara, une couronne vivante que Bowser a également dérobée pour la poser de force sur la tête de sa promise. Voilà comment, sans le savoir, en troquant sa vieille casquette contre un couvre-chef doué de raison, Mario vient d’hériter d’un pouvoir inédit : celui de la « chapimorphose »…

Jamais encore Mario ne nous avait fait le coup de venir s’insinuer dans le corps de ses adversaires pour en prendre le contrôle. Imaginez un peu le bestiaire légendaire de la franchise héritant subitement d’une épaisse moustache de plombier, et vous aurez un petite idée de la folie ambiante qui caractérise Super Mario Odyssey ! Après des années de consommation abusive de champignons hallucinogènes et autres fleurs de feu, la mascotte de Nintendo voit, en un seul épisode, lui tomber dans les bras une bonne cinquantaine de transformations insolites renouvelant d’un coup toute sa panoplie d’actions, la plupart de ces métamorphoses étant optionnelles. Jouer les boulets de canon dans les airs façon Bill-Ball, nager comme un Cheep-Cheep dans l’eau ou prendre le contrôle de l’arme d’un boss ennemi, c’est possible. Et c’est même justement tout ce qui fait le charme de cet opus qui vient bouleverser les habitudes tenaces que l’on avait prises sans forcément s’en rendre compte tout au long de la série.

Pour autant, Mario ne renie pas ses origines et rend même hommage à l’épisode Nintendo 64 à travers sa panoplie de mouvements et ses sensations de jeu restituées quasiment à l’identique. Parcourir librement les environnements du jeu dans la direction où nous pousse notre curiosité du moment en enchaînant saltos, sauts en longueur et triples sauts, revêt des allures de madeleine de Proust que l’on a plaisir à redécouvrir. Plus acrobatique que jamais, Mario a même appris à se mettre en boule pour rouler sur les pentes et à effectuer des plongeons aériens, histoire de gratter encore quelques mètres supplémentaires dans les sessions de haute-voltige qui ne manquent pas de venir pimenter les niveaux. Dans quel but ? La collecte des 900 lunes cachées (voire un peu plus…), Nintendo ayant, depuis Zelda : Breath of the Wild, contracté la folie des grandeurs, pour le plus grand bonheur des complétistes !

Les lunes de Super Mario Odyssey faisant office de carburant pour le vaisseau dans lequel voyage notre nouveau duo, leur collecte se révèle vite indispensable pour franchir les différents mondes qui séparent le pays des chapeaux du navire de Bowser. Cependant, s’il n’en faut même pas 200 pour aller une première fois au bout de l’aventure en moins d’une dizaine d’heures de jeu, la quête du 100 % revêt une toute autre dimension. Inutile de souligner que c’est seulement une fois le premier run « terminé » que le vrai défi débute réellement, de nouveaux accès permettant alors d’atteindre des lunes inaccessibles auparavant. Chaque mètre carré constitutif des environnements recèle potentiellement une récompense à obtenir, et l’on peut légitimement se sentir dépassé par l’ampleur de la tâche qui nous incombe.

Si l’approche choisie par Nintendo peut prêter à débat, tout le monde devrait en revanche s’accorder sur le fait que le challenge global de cet épisode risque de laisser les habitués sur leur faim. Car, même si certaines lunes sont plus difficiles à obtenir que d’autres et qu’il est possible de retrouver les boss sous une forme plus redoutable que lors du premier run, on ne meurt quasiment jamais au cours de notre périple. De toute façon, la mort n’est sanctionnée que par la perte de quelques piécettes et la profusion de checkpoints facilite considérablement la progression, sans compter la possibilité de doubler ses cœurs de vie moyennant finances. À partir de là, et même si l’on comprend la volonté de Nintendo de s’adresser au plus grand nombre, on n’est pas certain que la présence d’un « mode assisté » (optionnel) s’imposait réellement. En cas de problème, on conseillera plutôt aux néophytes de tenter l’aventure en duo, l’un contrôlant Cappy, l’autre Mario, pour s’entraider sans pour autant saboter le challenge du soft, déjà relativement faible au demeurant. Une faiblesse que Super Mario Odyssey compense heureusement par le vrai défi du titre, à savoir l’exploration et la découverte des innombrables secrets du jeu, sans commune mesure avec les épisodes qui l’ont précédé !

L'avis d'extralife
  1. Développeur : Nintendo
  2. Genre : Plates-formes
  3. Date de sortie : 27 octobre 2017
  4. Support : Switch
  5. Nombre de joueurs : 1 ou 2
  6. PEGI : 7 et plus
  • Affichant ouvertement son lignage avec l'indétrônable épisode 64, Super Mario Odyssey revient aux valeurs essentielles de la plate-forme 3D avec son gameplay acrobatique revisité dans le but de s'adresser à toutes les générations de joueurs. Il prend également le pari de troquer son challenge habituel contre une découverte de chaque instant qui pousse à l'exploration minutieuse, le véritable défi ne démarrant réellement qu'une fois les crédits déroulés.
5

A voir aussi