Mysterium : Esprit, es-tu là ?Test JDS

Mysterium : Esprit, es-tu là ?

Connaissez-vous Tajemnicze Domostwo (à vos souhaits !) ? Derrière ce nom imprononçable se cache un jeu ukrainien, créé en 2013 par Oleksandr Nevskiy et Oleg Sidorenko. Il s’agit d’un jeu d’enquête et d’ambiance dans lequel plusieurs médiums font usage de leur sixième sens afin d’aider un fantôme à identifier son meurtrier. Deux ans plus tard, Libellud (Dixit, Seasons, etc.) se réapproprie le concept avec Mysterium, en y ajoutant notamment sa patte artistique, afin de rendre le jeu encore plus immersif. Défi remporté haut la main !

13 décembre 1894, Écosse. Pour célébrer l’anniversaire de sa fille, le comte de Warwick organise une réception dans son manoir. Malheureusement, au cours de la soirée, un des valets est assassiné dans des circonstances pour le moins étranges. L’enquête piétine et la police finit par conclure à un accident. Près de 30 ans plus tard, Conrad MacDowell, expert en cristallomancie et nouveau propriétaire des lieux, assiste dans ces murs à des manifestations surnaturelles. Il décide alors de convier plusieurs de ses collègues médiums pour tenter de percer le mystère du manoir de Warwick…

mysterium_005Mysterium est un jeu coopératif asymétrique dans lequel les joueurs incarnent des médiums et un fantôme. Ils ont tous un objectif commun : lever le voile sur le meurtre du valet commis trente ans auparavant en découvrant le coupable, l’arme du crime, mais aussi l’endroit où la tragédie s’est jouée. Ce n’est qu’après avoir correctement réuni ces trois éléments que l’âme du fantôme pourra enfin reposer en paix. En fonction du nombre de participants (2 à 7) et du niveau de difficulté choisi (facile, moyen, difficile), les joueurs piochent parmi les cartes médiums un nombre précis (toujours supérieur au nombre de participants) de personnages, de lieux et d’armes et les disposent sur la table. Le fantôme choisit parmi les cartes qui lui sont dédiées les mêmes personnages, lieux et armes, les mélange et pioche autant de cartes que de médiums. Il les dispose ensuite dans son paravent afin de créer une combinaison personnage/lieu/arme pour chaque joueur. Parmi celles-ci se cachent le coupable, le lieu et l’arme du crime. La partie peut alors commencer.

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C’est dans cette pochette que chaque médium insère sa combinaison de cartes, une fois qu’il l’a trouvée.

Le jeu se divise en deux phases : la reconstitution des événements et la révélation du coupable. Durant la première phase, les médiums devront communiquer entre eux afin de trouver leur combinaison de cartes, grâce aux visions projetées par le fantôme, matérialisées elles aussi par des cartes (oui, il y en a beaucoup dans le jeu). Pour ce faire, les joueurs ne disposent que de sept heures (tours) ; si toutes les combinaisons ne sont pas trouvées à l’issue de la septième heure, la partie est perdue et le fantôme continuera de hanter les couloirs du manoir… Si tout s’est bien passé, la deuxième phase se lance. Chaque joueur étale sa combinaison de cartes sur la table (les autres cartes médiums sont remises dans la boîte). Une seule correspond au coupable, au lieu et à l’arme du crime. Le fantôme choisit alors trois cartes de sa main se rapportant à une combinaison (une pour le personnage, une pour le lieu et une pour l’arme) et les révèle au fur et à mesure. Les médiums doivent alors voter en secret pour élire la bonne. Si la majorité voit juste, le fantôme est libéré et son âme peut enfin trouver le repos.

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Conrad MacDowell, le maître des lieux.

Maintenant que les règles de base sont posées, tâchons d’entrer dans les détails et d’analyser la mécanique asymétrique de Mysterium. Au départ, le fantôme dispose d’un deck de 84 visions et constitue sa main en y piochant sept cartes. Il donne successivement une ou plusieurs cartes à chaque médium afin que ce dernier reconstitue sa combinaison, puis il complète à nouveau sa main. À quoi ressemblent ces visions ? À tout et à rien à la fois, là est toute la magie du jeu. Prises indépendamment, elles ne représentent rien de réellement de concret, mais associées aux cartes médiums posées sur la table, elles prennent tout leur sens. Un élément, un concept, une couleur, une ambiance, chaque détail doit être pris en compte pour faire correspondre la vision à la carte médium. Si rien ne l’inspire, le fantôme peut dépenser un pion corbeau (en nombre plus ou moins limité selon le niveau de difficulté choisi) pour défausser tout ou partie de sa main. Il peut ainsi construire son jeu et garder les cartes les plus intéressantes pour la deuxième phase si jamais les médiums ont bien progressé. Son rôle est donc déterminant : non seulement il doit orienter efficacement les joueurs afin qu’ils arrivent à la dernière étape avant la fin du septième tour, mais il doit également garder une certaine cohérence dans ses visions afin de ne pas les perturber dans leur réflexion. Bien entendu, tout cela dépend beaucoup de sa main, à lui de la recycler le plus souvent possible, en tâchant par exemple de donner plusieurs cartes à chaque fois. Cela permet également d’affiner la recherche des médiums qui, avec une seule carte, pourraient hésiter entre plusieurs personnages, lieux ou armes. C’est donc un rôle relativement difficile à jouer, qui requiert une certaine expérience du jeu. Il s’avère particulièrement gratifiant lorsque tout se passe comme prévu, mais aussi très frustrant (ou hilarant, c’est selon) quand les médiums partent sur des fausses pistes. Car, détail qui a toute son importance, le fantôme n’a absolument pas le droit de parler pendant toute la durée de la partie. À peine peut-il se manifester par un geste ou un bruit pour confirmer ou infirmer le choix des médiums…

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Une carte personnage. Les illustrations sont tout simplement magnifiques.

Ces derniers, quant à eux, doivent à tout prix communiquer et s’entraider pour parvenir à la dernière étape dans les temps. Mais au préalable, il faudra dans l’ordre découvrir le personnage, le lieu et l’arme qui leur sont attribués. À eux d’interpréter correctement les visions du fantôme et d’identifier son schéma de pensée, afin d’avancer rapidement et efficacement sur le plateau. Bien entendu, ils ne pourront pas toujours se mettre d’accord sur tout, d’où la présence de jetons de vote. Ainsi, ils peuvent approuver ou non les choix de leurs collègues ; s’ils voient juste, ils progressent sur la piste de clairvoyance, ce qui leur octroie un bonus lors de la phase de la révélation du coupable. Les médiums disposant d’un maximum de points de clairvoyance pourront regarder les trois cartes visions lors de la phase de révélation du coupable avant de donner leur verdict, tandis que les autres devront se prononcer en ne se basant que sur une ou deux cartes. De par son côté plus convivial, le rôle de médium conviendra plus aux novices mais comblera également les plus aguerris, qui ne manqueront pas de partir dans des réflexions tarabiscotées mais néanmoins plausibles afin de mener leur équipe (et le fantôme) à la victoire.

 

Pour celles et ceux qui veulent se plonger dans l’univers du jeu, vous pouvez visionner la VOD de notre émission À qui le tour ? :

 

L'avis d'extralife
  1. Auteurs : Oleksander Nevskiy / Oleg Sidorenko
  2. Illustrateurs : Xavier Collette / Igor Burlakov
  3. Éditeurs : Libellud
  4. Genre : Jeu d'enquête coopératif
  5. Date de sortie : 2015
  6. Nombre de joueurs : 2 à 7 joueurs
  7. Âge recommandé : À partir de 10 ans
  8. Durée de la partie : 42 mn

L'avis de Sylvain

  • mysterium_boiteSavant mélange entre Dixit et Cluedo, Mysterium s'avère extrêmement immersif et convivial. Sublimé par les illustrations de Xavier Collette (Abyss) et de Igor Burlakov, le jeu se vit intensément et différemment en fonction du rôle choisi et des parties, c'est là tout l'intérêt d'un système asymétrique. Certes, on peut légitimement se demander si le jeu n'est pas plus facile pour un groupe ayant l'habitude de jouer ensemble, mais le grand nombre de cartes (et donc de combinaisons différentes) ainsi que les trois niveaux de difficulté devraient contrebalancer cet argument et garantir une très bonne rejouabilité. Mysterium est donc un titre que nous conseillons vivement à tous les types de joueurs, novices ou confirmés, tant l'expérience livrée est plaisante et innovante.
4
  • L'avis de Jean-Marc

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1 commentaire

  1. valbrise
    valbrise
    23 mars 2016 à 22 h 45 min

    Un très bon jeu qui a bien mérité sa récompense à Nice. Petite précision toute fois, Le jeu est jouable à 2 mais n’a alors pas toute sa saveur. Il faut être 4 pour voir toutes les qualités du jeu se révéler !

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